Les femmes de la carrière d’Andranomena mènent une vie sereine, malgré leur labeur. Leur solidarité ressemble au matériau travaillé : dur et immuable.
Dur est le métier de casseuse de pierres. Loin du luxe du centre-ville, ces femmes consacrent toute la journée à leur labeur. «C’est la monotonie, mais nous ne nous en plaignons pas, car nous avons hérité ce travail», explique Lisy Rasoarimanana, une mère auprès de l’une des trois familles installées dans les carrières d’Andranomena. Elle passe ses journées entre le concassage des pierres et les tâches ménagères.
Les casseurs de rocaille mènent une vie paisible en haut de la colline, et leur souci principal consiste à honorer à temps les commandes des clients venus sur place. «Normalement, notre gagne-pain ne dépasse pas les 3000 ariary par jour. Mais mieux vaut avoir cette somme modeste que rien du tout», souligne Lisy.
Entente
Les carrières d’Andranomena rassemblent des familles entières. Si les maris s’occupent de l’extraction des pierres des filons, les épouses se mettent à les réduire en graviers. Un véritable travail à la chaîne destiné à nourrir des familles quotidiennement. Le labeur est suspendu le dimanche, jour de repos.
L’entente parfaite du groupe traduit la sérénité dans laquelle il accomplit le travail quotidien. Au milieu de tout cela, les enfants ne sont pas privés de leurs droits.
«Jusqu’à présent, nous avons assuré leurs études primaires dès qu’ils atteignent l’âge de 4 ans. Au moins, ils bénéficieront d’un plus dans leur vie, pour ne pas finir comme nous», avance la casseuse de pierre.
Lors de virées en ville, les femmes ne se quittent pas afin de préserver leur entente parfaite. Elles font ensemble leurs emplettes, ou assistent aux fêtes en compagnie de leurs enfants.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4355 du 10-07-2009