Les aides communautaires se limitent aux interventions à caractère purement humanitaire.

Le dialogue politique entre Madagascar et l’Union Européenne qui s’est tenu à Bruxelles s’est soldé pour le moment par un échec. Il fallait d’ailleurs s’y attendre puisque la situation qui prévaut actuellement à Madagascar est loin de satisfaire les conditions posées par La Commission selon  les dispositions de l’article 9 de l’accord de Cotonou.

Vers le marasme

En gros, Bruxelles considère que dans le contexte actuel, les droits de l’homme ne sont pas respectés à Madagascar, et que la démocratie n’y est pas de mise. L’opinion  politique est évidemment divisée  quant à l’interprétation d’une telle position. Mais sur le plan économique, les conséquences sont les mêmes: Avec ce ralentissement des aides communautaires, ainsi que des autres bailleurs de fonds d’ailleurs, l’économie malgache se dirige droit vers le marasme. En effet, pour l’Union Européenne par exemple, la suspension des appuis budgétaires prive le pays de financement conséquent pour maintenir l’équilibre budgétaire.

Pas de paiement direct

Faut-il en effet préciser que  pendant la période des consultations, les activités de coopération en cours d’exécution continuent à l’exception de tout appui budgétaire qui serait suspendu. N’ayant pas du tout confiance en la HAT qu’elle considère, d’ailleurs, comme une entité qui a pris le pouvoir par la force, l’Union Européenne refuse tout paiement direct en faveur du gouvernement. Pour les projets en cours qui continuent, ce sont les paiements en faveur des fournisseurs et des prestataires de services ayant passé des contrats avec les travaux liés aux projets financés par la Commission, qui s’opèrent encore. Par ailleurs, les contacts avec les autorités nationales concernant les activités préparatoires des nouveaux projets sont limités à d’éventuelles actions à caractère humanitaire ou bénéficiant directement aux populations, à décider au cas par cas.

Traitement similaire

Pour les activités basées sur les Instruments communautaires consacrés à l’aide extérieure, la Commission propose un traitement similaire à celui des activités basées sur l’accord du Cotonou,  respectant les dispositions de ces Instruments ainsi que du Règlement Financier. En dehors du cadre strictement lié à la coopération au développement, notamment celui de l’accord de partenariat de pêche et son protocole sur le Plan Régional de surveillance dans le Sud-Ouest de l’Océan Indien, la Commission vérifie actuellement que les conditions de mise en œuvre du protocole sont toujours réunies. Sous réserve de vérifications complémentaires liées à la bonne application de l’accord de pêche et du Plan Régional, la Commission pourrait dans ce  cadre prendre toutes dispositions jugées nécessaires en la matière.  Bref, sans une solution concertée et rapide à la crise actuelle, le pays continuera à perdre énormément.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N°7877 du 09-07-2009