La rareté des navires vraquiers risque de compliquer la situation des dockers au port de Toamasina. Ceux qui sont payés, journalièrement, sont les plus en danger.
Encore un des revers de la crise politique et financière. Cette fois-ci, ce sont les dockers travaillant au port de Toamasina, qui risquent d’en faire les frais. La réduction tangible du nombre de vraquiers et cargos qui accostent au plus grand port du pays entraîne la baisse de leurs activités et celles de la Société de manutention des marchandises conventionnelles (SMMC).
Il n’y a plus assez de sacs de riz, de farine ou d’autres marchandises à décharger. La plupart de ceux qui en importent, à l’heure actuelle, préfèrent transporter par conteneurs. Autrement dit, si la situation perdure, il n’y aura plus assez de travail pour ces hommes, notamment, pour les 1400 qui travaillent, journalièrement, et qui perçoivent leur salaire toutes les semaines. « J’ai vu un docker toucher 5700 ariary, en une semaine, alors qu’il avait l’habitude de
toucher au moins 120 000 ariary, auparavant. Avec
cette situation, c’est leur survie même qui est menacée », déclare un des responsables de la SMMC.
Les hangars de la SMMC grouillent encore d’activités, à l’heure actuelle. Des camions semi-remorques continuent de charger des sacs de riz. Un technicien de la SMMC prévoit qu’il devrait rester encore trois semaines avant que le stock disponible ne s’épuise. Après cette écheance, il n’y a rien à décharger en perspective. Les produits de première nécessité, promis par les Saoudiens, constituent leur seul espoir mais jusqu’ici, le projet reste encore sans suite.
« Je ne vois pas ce que les dockers peuvent faire s’il n’y a plus de bateau cargo. Seuls les materiels du projet Ambatovy continuent d’être débarqués mais cela ne crée par assez de travail pour un millier d’hommes », souligne le responsable de la SMMC.
Pourvoyeurs d’emplois
Les activités portuaires sont les principales pourvoyeurs d’emplois à Toamasina. La manutention de marchandises conventionnelles à elle seule crée plus de 2100 emplois, avec les salariés fixes de la SMMC. Un chômage forcé des dockers peut donc ouvrir une brèche aux manipulations politiques diverses. Outre la crise politique qui a fait ralentir les activités économiques, c’est l’actuelle tendance à la conteneurisation des marchandises qui aura des impacts sur les activités de la SMMC.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4352 du 07-07-2009