Bonne et  et mauvaise nouvelle pour Marovoay. La bonne  c’est que pour ce deuxième grenier à riz du pays, l’objectif fixé par le régime Ravalomanana de doubler la production rizicole est  atteint. La mauvaise  c’est que les effets conjugués de la crise politique et de l’augmentation de l’offre générés par cette bonne production  ont  entraîné la chute des prix du paddy aux producteurs.

350 Ar à 400 Ar. « En début de campagne, le paddy était vendu à 350 Ar le kilo aux collecteurs » raconte un paysan, qui a participé à la foire organisée à Marovoay, dans le cadre de la Journée Internationale des Coopératives. Et d’ajouter que la situation s’est un peu améliorée puisque  les prix ont augmenté à 400 Ar.  Une situation qui ne satisfait pas pour autant  ces paysans. « Nous arrivons tout juste à nous acheter de la friperie avec l’argent que nous gagnons », ajoute un autre paysan membre de la coopérative Soamiray. Une manière de dire que dans le contexte actuel, le métier de riziculteur ne nourrit plus son homme.

500 à 520 Ar. Leur souhait, c’est évidemment de pouvoir pratiquer un prix qui leur permettrait de vivre normalement. « L’année dernière, nous avons vendu nos paddy entre 500 Ar et 520 Ar, et cette année, un prix compris entre 600 Ar et 700 Ar le kilo de paddy serait la meilleure  solution », concèdent les paysans de Marovoay qui, malheureusement, ne font  visiblement pas le poids, devant les collecteurs qui font la loi. « Ce sont  les collecteurs qui fixent les prix, et bien souvent,  nous ne pouvons que suivre, sinon, nous ne gagnons rien du tout » continuent ces paysans qui regrettent vraiment le bon vieux temps où ils vivaient bien de leur métier de riziculteurs de la plaine de Marovoay.

Potentialités. Une plaine qui garde, malgré tout, toutes ses potentialités. La preuve, des familles qui disposent d’une superficie de 1 ha à 2 ha arrivent encore à réaliser un rendement de 3 tonnes à l’hectare.  En somme, si le système de commercialisation est bien géré, la riziculture peut encore bien faire vivre l’économie malgache. C’est justement l’un des objectifs des différentes réunions et manifestations qui ont eu lieu lors de la Journée Internationale des Coopératives à Marovoay.   Dans son discours lors de l’inauguration de cette journée, le ministre de l’Industrie et de l’Economie Fienena Richard de déclarer que les mouvements  coopératifs ont un rôle à jouer dans la recherche de meilleurs moyens pour mieux  commercialiser le riz. « Nous avons besoin de changement dans la commercialisation de nos produits » a-t-il déclaré. Lors d’un atelier tenu à la Commune Urbaine de Marovoay, le ministre Fienena Richard a réitéré cette volonté de son département de renforcer les mouvements coopératifs pour une meilleure efficacité dans la gestion de la production et de la commercialisation des produits.

Un message bien reçu par les paysans et les opérateurs de Marovoay, une zone assez avancée dans le domaine du mouvement  coopératif avec ses 35 coopératives, opérant dans la production, le commerce et les services.

 

Extrait Midi Madagasikara – Parution No 7875 du 07-07-2009