Tandis que florissent de nombreux fiefs dans le royaume d’Andrantsay, constitués très souvent en l’absence de tout contrôle par des prétendants plus ou moins légitimes au titre de noble, les villages se multiplient par des apports constants de Betsileo et de Merina. Ce sont des émigrés volontaires ou fuyant les grands royaumes voisins.
« Il y avait un assez grand nombre de Hovalahy qui prétendaient être nobles. Quand ils étaient riches, ils achetaient des hommes qu’ils utilisaient comme sujets, et il en venait à eux un grand nombre. Ils attaquaient ensuite quelques villages qu’ils envahissaient et les habitants devenaient leurs serviteurs. Dès ce moment, ils se faisaient passer pour parents du souverain » (Tantara ny Andriana ).
Selon la tradition orale, des Betsileo s’installent au nord-est de Soavina à l’époque du seigneur Andriambahoaka d’Ambohimanambola.
Mayeur qui passe dans la contrée en 1777, décrit la vallée de l’Andrantsay comme « des plaines immenses de riz… des terres bien cultivées… les champs sont entièrement découverts. On n’y voit d’arbres et d’arbrisseaux que ceux que les naturels ont plantés… Il n’y a pas un arbre de forêt sur les hautes et nombreuses montagnes dont le pays est hérissé ».
Toujours selon le voyageur, les régions de Betafo et de Soavina semblent avoir reçu à cette époque un peuplement relativement dense qui provoquent une mise en valeur importante des terres alors qu’à l’Ouest, le peuplement en cours donne un aspect plus clairsemé à l’habitat, laissant de vastes espaces livrés à l’élevage.
Au moment de la conquête par Andrianampoinimerina, la limite Ouest est fixée au Molo, affluent de l’Andrantsay; au Nord, c’est la rivière Kitsamby; à l’Est, entre Soavina et Betafo un autre affluent de l’Andrantsay; au Sud les collines sud de la cuvette d’Ambohimanambola.
L’unification de l’Ankova assurée, Andrianampoinimerina (1787-1810) se tourne d’abord vers les peuples voisins qui constituent alors des dangers perpétuels d’invasion, puis plusloin. Après la soumission du Vakinisisaony au sud de la capitale et du Vonizongo de l’Ouest, il envoie des émissaires chez les Andrantsay afin que le roi se reconnaisse comme « Fils du Merina ». Cependant, il ne s’agit pas « d’établir une hégémonie de domination, mais simplement de tenter une union territoriale ».
Après plusieurs voyages des messagers, au cours desquels ont lieu de longues joutes oratoires, Andriamanalinarivo accepte leur proposition, mais il demeure maître de ses États. Assuré de cette soumission verbale, Andrianampoinimerina poursuit l’extension de son royaume.
C’est alors que les Manisotra sont vaincus. Des chefs de ce clan demandent refuge à celui qui paraît le seul capable d’affronter le roi de l’Imerina. Et non contents d’être accueillis par Andriamanalinarivo, ils l’exhortent à ne plus reconnaître l’autorité du conquérant.
Selon la tradition orale, le roi d’Andrantsay hésite longtemps, mais comme il est malade et âgé, ce sont ses neveux qui décident d’agir. Les représentants merina sont chassés et menacés de mort. La réaction immédiate d’Andrianampoinimerina est la conquête armée.
La première campagne du souverain s’avère un échec total pour lui. L’année suivante, il revient en force, séparant son armée en deux troupes.
La première qu’il dirige en personne, vient par l’Est tandis que la seconde, conduite par son fils, attaque par l’Ouest. Selon le R.P. Malzac, le prince Laidama n’a alors que 14 ans lors de cette seconde campagne en 1807. Le royaume d’Andrantsay se soumet définitivement et le roi, réfugié à Fivavahana, meurt.
L’Andrantsay tombé, les Merina poursuivent leur avancée au Sud, en pays betsileo et conquièrent tout le pays l’année suivante. La région de l’Andrantsay gravite désormais dans l’orbite de la vie merina. Avec les royaumes du Nord-Betsileo, les territoires de Betafo et du Manandona, l’Andrantsay est considéré comme partie intégrante de la sixième province de l’Imerina, le Vakinankaratra.
Andrianampoinimerina partage cette dernière en trois divisions, dont celle des Ambohitsimanova de l’Ouest qui comprend le Menabeatsimondrano et l’Andrantsaiavaradrano. Cette division est commandée par Andriatsileondrafy. Noble des environs de Betafo, celui-ci passe dès la première campagne du côté des Merina.
À la fin du règne d’Andrianampoinimerina, un prince sakalava de la région occidentale du Mandoto, vient se soumettre. Le roi fait de lui le « Gardien de l’Ouest », ce qui équivaut à reconnaître la partie occidentale du territoire des Ambohitsimanova comme une marche frontière du Vakinankaratra qu’il faut défendre de la menace des Sakalava du Betsiriry. C’est à cette époque que le pôle politique de la région est déplacé de Fiva à Betafo.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4350 du 04-07-2009