Les choses risquent de se compliquer pour la Grande île. Elle ne peut pour l’instant ratifier l’APE.
Madagascar va rater un rendez-vous important. La Grande île ne pourra pas participer à la signature définitive de l’Accord de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne prévue au cours de ce deuxième semestre de l’année. La non-reconnaissance du régime de transition par la communauté internationale ne permet pas aux actuels dirigeants d’y participer.
En outre, l’absence d’un Parlement, suspendu par la Haute autorité de la transition, rend impossible la ratification de l’accord. Ce qui causera un flou juridique dans les échanges commerciaux entre les pays européens et la Grande île.
« Madagascar se retrouvera dans une situation confuse dans ses relations commerciales avec l’Union européenne. Je pense que les questions liées à ce sujet seront abordées durant la rencontre entre les responsables actuels et ceux de l’Union européenne qui se tiendra à Bruxelles, le 6 ou 7 juillet », souligne Jean-Claude Boidin, ambassadeur de l’Union européenne à Madagascar, lors d’une rencontre avec la presse.
L’APE est le nouveau cadre qui régira les relations commerciales entre l’Europe et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). D’une manière générale, c’est un accord qui va au-delà d’un simple accès au marché pour que la coopération commerciale soit adaptée au développement. À terme, il s’agit d’instaurer une sorte de zone de libre-échange dans laquelle près de 90% des produits devront circuler librement sans droit de douane.
Libre-échange
L’entrée dans cette forme de zone de libre-échange devra néanmoins se faire de façon progressive pour permettre aux pays ACP de s’y préparer. De même, certains produits classés sensibles pourront également être protégés. C’est justement pour établir la liste de ces produits sensibles que la mise en place des APE a été précédée par une longue série de négociations. Madagascar a défendu ses intérêts avec les pays d’Afrique orientale et australe (Afoa).
Selon le calendrier prévu par l’Accord de Cotonou, les APE devaient entrer en vigueur au début de l’année 2008. Les relations commerciales de Madagascar avec l’Union européenne sont à l’heure actuelle régies par un accord provisoire qui garantit le libre accès sur le marché européen. Ainsi si la Grande île ne signe pas l’APE définitif comme les pays de l’Afoa, elle risquera de perdre tous les avantages commerciaux qu’elle bénéficie à l’heure actuelle. Autrement dit, toutes nos exportations vers l’Europe devront payer un droit de douane.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4346 du 30-06-2009