L’Unicef a rendu publics hier devant des membres de la presse et de la société civile les résultats d’une évaluation qualitative de l’impact de l’instabilité politique et la crise socioéconomique 2009 sur les enfants et les jeunes dans la région d’Analamanga  intitulée «la boîte de Pandore, les jeunes se trouvent à la croisée des chemins». 
L’occasion a également été mise à profit pour lancer une campagne en direction des médias. Pour les inviter à véhiculer des messages de paix et de réconciliation, à  participer à la promotion et à la protection des droits des enfants et des jeunes et à favoriser leur participation. A l’issue de cette réunion, l’Unicef a aussi procédé au lancement officiel du concours «Médias pour la paix et les droits de l’enfant» qui s’adresse à l’ensemble des organes de presse travaillant dans la ville d’Antananarivo. Son objectif est de forger la réconciliation par un journalisme responsable, éthique et moral et d’encourager les médias  à participer et à contribuer à la protection et à la promotion des droits des enfants.

Point de référence

« Cette étude va nous servir de point de référence pour entamer et nourrir le débat, avec l’ensemble de tous ceux qui ont des obligations de promouvoir, respecter, protéger et réaliser les droits des enfants comme les familles, les communautés, les autorités à tous les niveaux,  la société civile, les médias et la communauté internationale, pour trouver ensemble les solutions et les services appropriés pour un environnement digne d’eux », selon Bruno Maes, Représentant de l’ UNICEF dans son allocution d’ouverture. 
Les résultats de cette évaluation réalisée auprès de 12 820 enfants et jeunes de la région d’Analamanga indiquent que les jeunes et les enfants ont été impliqués dans la crise sur fonds d’incompréhension, d’incertitude, de violence, de pertes de repères et par la force de la pression de la pauvreté. La crise a mis à l’épreuve certaines valeurs et perceptions sociales traditionnelles, telles que le Fihavanana. Les divergences d’opinions politiques ont brisé la cohésion au niveau communautaire et ont cédé la place à un nouveau moyen d’expression qu’est la violence. 

Domaines stratégiques

L’une des conséquences à long terme de cette crise est la difficulté pour les jeunes de discerner le bien du mal, le vrai du faux, les valeurs étant radicalement altérées par les récents événements. Selon Bruno Maes, cette étude propose des domaines stratégiques d’intervention en faveur des jeunes. Ceux-ci doivent d’après lui,  « constituer la base d’une action conjointe et immédiate en faveur des jeunes entre les institutions concernées et la société civile».

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7865 du 24 juin 2009