"47, portraits d’insurgés" est une exposition co-signée par Jean-Luc Raharimanana et Pierrot Men. Elle se tiendra durant la célèbre rencontre théâtrale.
Que diriez-vous d’un duo artistique Pierrot Men – Jean-Luc Raharimanana ? Entre le photographe et l’écrivain, le courant d’une complicité semble passer naturellement quand il s’agit de défendre la cause de Madagascar.
Pour preuve, les deux figures emblématiques de la culture malgache présenteront une exposition commune à la 63è édition du Festival d’Avignon, l’un des plus prestigieux rendez-vous du théâtre en France comme dans le monde, qui aura lieu du 7 au 29 juillet.
Cette oeuvre commune est intitulée «47, portraits d’insurgés». A vrai dire, il s’agit pour les deux artistes de «renforcer» les traces de la mémoire de Jean-Luc Raharimanana, farouche défenseur de devoir de mémoire. Il est entre autres auteur du roman «1947», publié en 2007 à l’occasion du soixantenaire de l’événement le plus sombre durant la colonisation française à Madagascar.
Au cours de la saison 2008, une pièce de théâtre intitulée tout simplement «47», mise en scène par le Français Thierry Bédard, a provoqué une polémique dans le milieu culturel francophone.
Victime d’une «incompréhension» à haut niveau, conduisant à sa disqualification dans tous les circuits culturels officiels français, la pièce semble cette fois-ci trouver une conversion dans une exposition durant le Festival d’Avignon, avec quelque 32 clichés en noir et blanc de Pierrot Men en format 55 x 83, légendés par les textes de Jean-Luc Raharimanana.
Duo de choc
«Je ne connaissais pas particulièrement Jean-Luc Raharimanana. Mais conscient de la valeur de son projet, j’ai tout de suite cédé à son invitation», confie Pierrot Men pour expliquer son intervention. «Les photos montrent des portraits d’anciens combattants que j’ai prises avec émotions dans plusieurs régions de l’île», note le photographe.
Sinon, pour le théâtre proprement dit, le duo de choc Jean-Luc Raharimanana/Thierry Bédard illuminera les planches du festival d’Avignon cette année à travers la pièce «Les cauchemars du gecko». Fidèle à l’esprit du «devoir de mémoire», cette pièce conserve la nature tant interpellatrice que provocatrice des oeuvres de Raharimanana.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4341 du 23-06-2009