Malgré le développement inévitable de la science, les médecines traditionnelles occupent encore une grande place dans la société. Beaucoup de gens se fient à ce système, et cela ne concerne pas seulement les ruraux.
Le tradi-praticien Sylvain Razafimahatratra, connu sous le sobriquet Papa Sely, reçoit plus d’une centaine de patients mardi, mercredi, vendredi et samedi, jours pendant lesquels lui et ses deux assistants reçoivent pour soigner les gens.
Ils sont originaires de la commune rurale d’Alakamisy Anativato, du district de Betafo, dans la région Vakinankaratra. « Comme beaucoup de personnes ont besoin de nos aides, nous louons une petite maison dans le fokontany Vatofotsy pour faire de la consultation, ce depuis une douzaine d’années », précise Papa Sely.
Avec ses assistants, il a déjà exercé dans cinq communes rurales du district de Betafo avant de proposer ses services à Antsirabe et aux alentours de son village.
Sauf le cancer
Comme tous les autres tradi-praticiens, Papa Sely affirme pouvoir guérir diverses maladies, en particulier les maladies vénériennes et celles d’origine nerveuse, assertion confirmée par ses clients. «Je soigne toutes les maladies sauf le cancer» souligne-t-il.
Les tradi-praticiens exercent partout où ils peuvent s’installer. La plupart des gens qui font appel à eux croient à l’efficacité et à la compétence de leurs guérisseurs, et parce que ce traitement coûte moins cher qu’une consultation médicale formelle.
En général, les guérisseurs ne fixent pas le tarif de leurs consultations et ne vendent pas de médicaments. Ils se contentent de petits cadeaux que les patients leur offrent selon la satisfaction et les moyens. A Antsirabe de nombreuses personnes suivent encore des traitements traditionnels. La ville regorge d’ailleurs de guérisseurs, lesquels ne chôment pas.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4337 du 18-06-2009