La perte d’emplois est inimaginable à Madagascar depuis l’avènement de la crise politique qui perdure encore. Un départ massif des jeunes pour chercher du boulot à l’étranger dont notamment au Liban, aux Seychelles et à Maurice est alors observé depuis ces derniers temps. Ils ont répondu aux appels de recrutements annoncés dans les médias ou par les agences spécialisées en la matière. Ces jeunes déploient ainsi tous les moyens pour préparer leurs papiers tels le passeport en déboursant chacun une somme de 60 000 Ariary et l’analyse de sang coûtant 50 000 Ariary pour attester que le candidat est en bonne santé.

Frais remboursés

« J’étais cuisinière dans un hôtel mais mon salaire de 70 000 Ar/mois ne servait qu’à couvrir les besoins alimentaires de ma famille, d’autant plus ce secteur est fortement touché par la crise », témoigne Herivelo, une mère de 2 enfants et âgée de 33 ans. Elle veut partir au Liban pour être femme de ménage car le salaire de base convenu dans le contrat de 3 ans est de 150 USD/mois. L’employeur paie tous les frais y compris les billets d’avion et les candidats le rembourseront en ne percevant pas les trois premiers mois de salaire. Selon Herivelo, elles sont au nombre d’une cinquantaine pour préparer le passeport. Quant à Vony, elle est en chômage technique suite à la fermeture de l’entreprise franche à Antsirabe. Elle décide ainsi de partir aux Seychelles pour travailler dans le domaine de la pisciculture. « J’espère que nous aurons une formation », a-t-elle avancé car elle sera accompagnée de ses amis et proches qui ont tous fait une demande de passeport, hier, au ministère de l’Intérieur.

Jeunes en provinces intéressés

Même les jeunes en province comme à Diégo sont très intéressés pour travailler à l’étranger. Rosalie âgée de 25 ans se spécialise en matière de coupe et couture et broderie, mais elle préfère partir au Liban car la vente de ses produits artisanaux ne marche pas, d’après ses dires. Elle connaît au moins une cinquantaine de jeunes originaires de sa région à préparer le même dossier. Et enfin, Tovo et ses copains iront à Maurice pour travailler dans le secteur du bâtiment. Il est charpentier et compte gagner 400 000 Ar/mois à titre de salaire de base pour un contrat de 2 ans. Ils sont tous des jeunes hommes au nombre d’une soixantaine à y aller. Mais vivre là-bas ne veut pas dire être loin des problèmes qui risquent même d’être insurmontables pour ceux qui ne sont pas battants.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7856 du 13 juin 2009