Les zones productives inexploitées, la région SAVA en dispose. Les terres cultivables de certaines communes de cette région ne sont exploitées qu’à moitié. Et encore le rendement est très faible puisque les paysans utilisent pour la plupart les techniques traditionnelles, puisque la mécanisation agricole n’existe pratiquement pas dans la région. Du coup, les paysans de la région commencent de plus en plus à se plaindre et interpellent les responsables publics, pour que ces derniers s’occupent mieux de leur sort.
Exploités à des fins politiques. « Pourtant, si l’on nous procure des moyens techniques, matériels et financiers appropriés, nous sommes capables d’améliorer notre production rizicole », clament ces paysans qui regrettent qu’avec ses potentiels agricoles, la population  de la SAVA souffre encore de l’insuffisance  alimentaire et que le riz y soit proposé à des prix exorbitants. « Si cette situation continue, les paysans n’atteindront jamais l’objectif d’autosuffisance alimentaire, prôné par les régimes politiques qui se sont succédé, malheureusement, ce ne sont que des slogans non suivis d’actions efficaces et durables » se plaignent ces paysans qui ont l’impression d’avoir été toujours exploités à des fins politiques. « Pendant les propagandes on nous a toujours promis monts  et merveilles mais une fois que les politiciens ont obtenu nos voix au cours des élections, ils nous oublient après», selon toujours les paysans de la SAVA qui ont décidé de prendre en main leur sort. Et ce, avec l’aide de l’Etat, à qui ils demandent « les moyens nécessaires pour qu’ils puissent mieux assumer les actions de lutte contre la pauvreté ».
Autosuffisance alimentaire. Car pour eux, « si les richesses agricoles de la SAVA sont mieux exploitées, le niveau de vie des paysans s’améliorera rapidement », soutiennent-t-ils en citant les grandes surfaces cultivables disponibles comme  le bassin d’ANDAPA, de Farahalana, d’Ambinanifaho, de Tanambao Daoud, d’Anjangoveratra. Des vallées restent encore vierges. A l’exemple d’ Anjavibe, deuxième sur quatre vastes vallées de la commune rurale de Tanambao Daoud, plus de mille hectares sont aujourd’hui encore vierges et couvertes de plantes aquatiques comme les « javy », les « via » et des « vendrana ». Là, en quatre années consécutives, une centaine de producteurs se sont regroupés en équipes et ont travaillé ensemble pour creuser de leur propres forces un canal. Celui-ci peut drainer à l’heure actuelle la vallée d’Anjavibe comme à Beangivy. Des canaux de plusieurs kilomètres de long sur cinq mètres de large faits avec des pelles et des coupe-coupe. Des potentialités qui ne demandent qu’à être mieux exploitées par ces paysans. Bref, ces paysans roulent pour une véritable opération de développement en vue de l’autosuffisance alimentaire avec l’appui de l’Etat. « Nous avons besoin de formations et de partenariat ainsi que des moyens matériels et financiers ».
Problèmes. Mais pour le moment, les paysans rencontrent un certain nombre de problèmes. Pour ne citer que les actes de sabotage perpétrés par des individus appuyés par certains élus locaux. Il s’agit de sabotage à l’endroit des producteurs, notamment ceux qui sont membres des associations de paysans qui s’efforcent de mieux exploiter les terrains cultivables. Lors de notre reportage à Beangivy par exemple, nous avons relevé le cas de quatre nouvelles associations qui ont tenté de saboter les actions déjà réalisées par une autre association existant depuis 2005 et qui a initié un projet de transformation de la vallée en rizière. En tout cas, les cas de lutte interne entre paysans existent dans d’autres communes de la région. Les maires locaux sont souvent sollicités pour régler les conflits. Mais pour les paysans, une meilleure implication des autorités communales, régionales et nationales s’impose si l’on veut améliorer leur sort.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7855 du 12 juin 2009