Aucun risque de pénurie ne plane actuellement sur la réserve de produits pétroliers  à Madagascar. C’est ce qu’indique notamment le bilan pétrolier sorti par l’Office Malgache des Hydrocarbures (OMH) pour la période avril 2009. Un bilan qui rassure en tout cas, en ce qui concerne l’approvisionnement en carburant. « Le stock est suffisant pour assurer un approvisionnement durant 21 jours, même si la livraison des produits est interrompue ».

Crise politique

Si l’approvisionnement est assuré, par contre la consommation de carburants a connu une baisse en raison de la crise politique. « A fin avril 2009, sur base de données provisoires, le marché local s’établit à 56 480 m3, régressant de -2% par rapport à 2008. Cette baisse résulte de la crise politique qui dure maintenant depuis quatre mois à Madagascar. Durant cette période (janvier – avril), le marché a baissé de -9% par rapport à 2008.  Au mois de janvier, début de la crise, les activités pétrolières se sont déroulées presque normalement et le marché n’a enregistré qu’une régression de -1% par rapport à la même période de l’année passée.
C’est en février que le marché est le plus affecté, avec un recul de -24% par rapport à 2008.
En mars, on assiste à une amélioration de la situation, se traduisant par une légère reprise de la consommation : le marché global enregistre une baisse de -12% par rapport à 2008.
Cette reprise continue en avril et presque tous les  produits  retrouvent le niveau de consommation en 2008, à l’exception des produits aviation qui enregistrent encore un recul de -48% par rapport à l’année passée »

Au ralenti

Le bilan de l’OMH indique également que  la crise a eu des répercussions négatives plus limitées sur le marché pétrolier comparativement à d’autres secteurs d’activité. « C’est en partie grâce au GO qui représente 60% de la structure et qui enregistre une régression de -10% par rapport à 2008 sur ces 4 mois ». Quoi qu’il en soit, la situation de la consommation en carburants traduit la situation de crise économique traversée par le pays. La baisse de la consommation de gas-oil, par exemple est due, entre autres à la diminution de la demande de ce produit par l’un des plus gros clients des distributeurs pétroliers, en l’occurrence la Jirama. Et si la Jirama baisse sa consommation, c’est qu’elle tourne moins que d’habitude. Un ralentissement dû, lui-même au fait que les principaux clients de la Jirama, en l’occurrence, les industries, tournent eux-mêmes, au ralenti. D’ailleurs, les centaines d’entreprises qui ont fermé sont des clients en moins pour la Jirama. Heureusement qu’il y a encore les grands projets miniers (QMM et Sherrit) qui maintiennent la consommation en carburants à un niveau convenable.

Jet fuel en régression

La baisse relativement considérable de la consommation de jet fuel (essence aviation) manifeste également la grande crise du secteur aérien et du tourisme, depuis le début de la crise politique. Comme les compagnies aériennes fonctionnent pratiquement à la moitié de leur capacité, le jet fuel suit également cette tendance. La preuve, « à fin avril, la consommation de JET est toujours en nette régression de -48% par rapport à 2008, se fixant à 2 525 m3. Bien que la suspension des vols Air France sur Madagascar ait été levée, la fréquence de ses vols est réduite par rapport à la normale. Comme 80% de la consommation de JET sont destinés aux vols internationaux et seulement 20% sont utilisés par les vols locaux, subséquemment, la consommation de Jet va considérablement baisser pour cette année ». Une année de crise.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7851 du 8 juin 2009