Malgré la crise politique, l’ONU reste fidèle à sa mission de venir au secours des personnes les plus démunies. Selon un communiqué de l’ONU :  « Face à l’augmentation de l’insécurité alimentaire à Madagascar, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations Unies a décidé d’octroyer 6,45 millions de dollars pour aider plus de 190.000 personnes dans les régions rurales du sud de l’île qui souffrent des effets combinés de la sécheresse, des ouragans et de l’instabilité politique ». L’information a été confirmée, hier en fin d’après-midi, lors d’une conférence de presse conjointe du Système des Nations Unies (SNU) à Madagascar et de l’ambassade de France dans le cadre du Flash appeal lancé par les agences onusiennes le 7 avril dernier. Cette somme a été tirée du fonds d’urgence du SNU afin de démarrer les opérations essentielles en vue de répondre aux besoins des plus vulnérables.
L’argent sera réparti entre des projets du Programme alimentaire mondial (PAM), du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), précise OCHA. Les interventions d’aide alimentaire du PAM et de l’UNICEF ciblent quelque 116.000 personnes dont 46.000 sont assistées à travers des activités de réhabilitation nutritionnelle et 70.000 par des programmes de filet de sécurité alimentaire.

Instabilité politique

Madagascar a souffert cette année des effets de multiples crises, dont la sécheresse, des ouragans et l’instabilité politique. L’instabilité politique a notamment ralenti la fourniture de services de base et de l’aide humanitaire, et a durement touché l’industrie et d’autres moyens de subsistance, dont le tourisme, souligne le communiqué. Le PAM utilisera 3,8 millions de dollars pour réduire la malnutrition et les taux de mortalité. L’UNICEF utilisera de son côté 1,5 million de dollars pour distribuer de l’eau, fournir des kits d’hygiène et aider les autorités locales à surveiller la qualité de l’eau. Les populations des villages les plus enclavées parcourent, en effet, entre 10 à 15km pour les corvées d’eau tandis que le prix du seau d’eau a connu une hausse dans le Sud. L’agence travaillera également avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour améliorer l’accès aux soins et pour contrôler les épidémies de maladies transmises par l’eau. Le reste de l’argent ira à des projets de la FAO pour planter des cultures telles que le manioc et à l’UNFPA pour améliorer l’accès à la santé reproductive, selon OCHA.

2 millions d’euros

Suite au Flash appeal lancé  par le SNU, la France a ainsi officialisé, hier, sa contribution à hauteur de 2 millions d’euros pour renforcer les interventions humanitaires menées à Madagascar. La donation se répartit en trois volets : 1,3 million d’euros pour les opérations menées par le PAM dans le Sud ; 450.000 euros pour le programme de prévention et de traitement de la malnutrition aiguë de l’UNICEF et 250.000 euros pour le programme de cantines populaires de la Croix-Rouge Malagasy (CRM) dans les quartiers d’Antananarivo. Ce programme consistera à distribuer à partir du 15 juin prochain et durant 5 mois, des repas équilibrés à 6300 personnes issues de familles vulnérables, soit un total de 630.000 repas. Les bénéficiaires pourront y avois accès moyennant une participation symbolique de Ar 100 par repas. Le fonds ainsi collecté constituera un fonds d’aide aux familles.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7848 du 4 juin 2009