Quand les ministères des Affaires Etrangères des pays-réservoirs à touristes, suggèrent à leurs citoyens de ne pas passer par Tana, les choses ne peuvent que se compliquer pour les hôteliers tananariviens.
Malgré un relèvement de 10 à 15% du taux d’occupation dans les principaux hôtels de la Capitale, les hôteliers tananariviens font savoir que leurs problèmes sont loin d’être résolus. Cette progression représente au mieux 15 chambres occupées de plus pour un grand établissement. «La crise n’est pas encore terminée pour nous», devait affirmer le Président de la Fhorm Eric Koller, parlant au nom de ses pairs de la Ville des Mille.
Les hôtels tananariviens tournent maintenant (au mieux) à un taux d’occupation de 30% alors qu’à côté, et à cause de cette crise, bon nombre d’opérateurs ont dû baisser de 50% les prix moyens de leurs chambres, devait expliquer Eric Koller. «Nous avons été obligés de réviser les tarifs à la baisse  parce qu’il n’y avait pas de touristes». Ce responsable de confier que le revenu par chambre construite (REVPAR) de ces établissements se situe à un niveau catastrophique, soit 30 euros/chambre alors que celui-ci est évalué à 70 euros à cette époque pour un hôtel 4 étoiles. Pour dire que la situation est loin de s’arranger pour ces opérateurs. D’autant plus que l’on va entrer dans la haute saison.

Licenciement économique

Le président de la Fhorm explique que la période des vacances coïncide avec la saison des vaches maigres pour les hôteliers de la capitale. C’est pendant les mois de juillet et août que les businessmen, les cadres d’Ongs ou de projets, ceux qui constituent en grande partie la clientèle de ces établissements, partent en vacances. Les hôtels tananariviens ne seront donc  occupés qu’à 10% durant cette période. 
A ce rythme, M. Eric Koller craint que des hôteliers soient obligés d’opérer un licenciement économique. En effet, il explique que les membres du personnel envoyés en chômage technique, devront être rembauchés d’ici quelques semaines par leurs employés respectifs. La législation du travail limite la durée du chômage technique à six mois. Mais comme la majorité des établissements ne seront pas à même de payer le salaire de ses employés, certains tendent vers ce licenciement économique. Mais dans cette optique, les hôteliers devront payer les droits et indemnités de leur personnel. «L’on ne souhaite pas cela aux employés des hôtels tananariviens mais la situation reste encore très difficile», ajoute le président de la Fhorm. Celui-ci poursuit que les nouveaux hôtels de la capitale pourraient récupérer une partie de ces employés mis au chômage à cause de la crise.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7847 du 3 juin 2009