Face à la crise financière qui prévaut dans le monde, la Banque Mondiale tire la sonnette d’alarme. Elle a incité ses Etats membres, dont Madagascar, à agir afin d’empêcher que cette crise ne devienne une « calamité » tant sur le plan humain qu’en matière de développement. « On admet généralement que le monde est en proie à une crise économique sans précédent, que ce sont les pauvres qui vont souffrir le plus et qu’il nous faut continuer d’agir immédiatement pour prévenir une catastrophe humaine », a déclaré dernièrement le président de la Banque Mondiale, Robert Zoellick.
En effet, « quelque 55 à 90 millions de personnes vont être réduits à une misère noire en 2009. On s’attend à ce que le nombre de personnes en proie à une faim chronique atteigne plus de 1 milliard cette année », a-t-il poursuivi. Notons que la Banque Mondiale augmentera ses prêts de près de 100 milliards USD au cours des trois prochaines années. Elle triplera son aide destinée à la protection sociale, consacrera 55 milliards USD au financement de projets d’infrastructures et augmentera de 12 milliards USD son aide à l’agriculture au cours des deux prochaines années afin de garantir la sécurité alimentaire. Mais l’on se demande si Madagascar pourra en bénéficier, compte tenu d’une autre crise politique qui le secoue actuellement alors que les impacts ne sont pas négligeables telle la suppression des dizaines de milliers d’emplois cette année. De plus, le gouvernement en place opte plutôt pour la limitation de l’inflation en favorisant l’importation des produits de première nécessité au lieu d’améliorer et d’augmenter la production locale.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7831 du 13 mai 2009