Les Malgaches consomment de moins en moins de viande. C’est ce que constatent les bouchers locaux, s’ils se réfèrent à leurs recettes. « Les gens n’achètent plus autant qu’avant, de nombreux clients ont disparu tandis que les plus fidèles réduisent la quantité de viande qu’ils achètent », se désole Faly, boucher de quartier du côté d’Itaosy. « Les clients achètent des quantités de plus en plus petites, à tel point que nous ne savons plus comment situer cela par rapport au poids de la viande. Avant, beaucoup achetaient l’équivalent de la moitié de 250g (atsasaky ny fahefany) soit, environ Ar 600, mais maintenant, beaucoup de clients ne se le permettent plus. Du coup, ils n’achètent plus au poids, mais l’équivalent de la somme dont ils disposent. Par exemple, de la viande hachée de Ar 500 alors que le kilo est à plus de Ar 5200. C’est moins de 100g de produit », explique-t-il. 
Restaurateurs. Dans les grands marchés, la situation n’est guère meilleure. Les bouchers avaient espéré retrouver leur rythme d’avant, après l’accalmie, du moins apparente, de la crise. Il n’en est rien, affirme-t-on à Analakely où les clients ont également diminué en nombre. « Même les restaurateurs et les gargotiers qui restent nos seuls gros clients, ont réduit leurs commandes, leurs affaires n’étant pas non plus particulièrement florissantes depuis plusieurs mois », déclare l’un d’entre eux, et d’ajouter que seuls les marchands de grillades n’ont pas tellement réduit leurs achats, mais ceci ne concerne que leurs achats pour le week-end.
Maladie et crise. La filière viande a été particulièrement mise à rude épreuve ces dernières années. Après le problème de la maladie bovine, l’an dernier, qui a fait descendre en chute libre les ventes des bouchers dans toutes les localités concernées, la crise des derniers mois commence à avoir des retombées négatives sur leur secteur. Pour la viande de porc, la tendance est tout aussi à la baisse. Les bouchers de quartier peinent maintenant à écouler 25kg de viande en une journée, alors qu’auparavant, ils arrivaient, selon les quartiers, à en vendre jusqu’à 65kg par jour. A Analakely, les ventes atteignaient jusqu’à plus de 100kg le samedi, mais ont chuté de moitié ces derniers mois. Côté prix, la viande de bœuf se vend actuellement à Ar 4800 le kilo et le porc à Ar 6000 environ le kilo. Les prix sont nettement plus élevés dans les grands magasins et grandes surfaces.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7830 du 12 mai 2009