Le cas des chômeurs à cause de la crise devient un phénomène social préoccupant. Nombre d’entre eux se retrouvent à la rue.
L’impact social de la crise qu’a traversé le pays lors du premier trimestre de cette année commence à se faire sentir. La recrudescence des gens à la rue en est une des formes. Dans les rues, certains employés licenciés par les sociétés et entreprises en difficulté viennent grossir les rangs des sans-abri. De nouveaux venus sont répertoriés le long du mur de la rue Petite vitesse jusqu’à l’ancien bâtiment de Cotona. Les sans-logis augmentent également du côté du pont de Behoririka, comme l’ont remarqué les occupants habituels des lieux. « La majorité de ces nouveaux venus datent de moins de deux mois », révèle Jean Eric Rakotonandrasana, qui vit dans la rue de la Petite vitesse depuis 1993.
La majorité de ces personnes sans domicile fixe (SDF) n’arrivent plus à payer leur loyer de sorte que la vie à la belle étoile devient leur lot quotidien. « Cela fait un mois que je dors dans les rues. J’ai été licenciée, il y a deux mois », raconte Meltine Rasoanary, une mère de famille qui a travaillé en tant que piqueteuse dans une entreprise franche d’Andraharo. Cette dernière a été frappée par la crise. Elle rajoute qu’elle est devenue incapable de payer le loyer mensuel de 25 000 ariary, pour son ancienne demeure à Ambohimanarina.
Conditions précaires
Ayant perdu la couverture sociale octroyée par leurs anciens employeurs, les conditions de vie de ces SDF sont précaires. « Je m’inquiète beaucoup pour la santé de mon bébé. Depuis qu’on est ici, il ne cesse de tomber malade en attrapant la toux, la grippe et maintenant la diarrhée », se tracasse Christine Lalanirina, tout en préparant le carton où elle couche son enfant. Son mari a perdu il y a un mois et demi son emploi de gardien dans une société privée. « Il m’est impossible de verser 15 000 ariary par mois pour le loyer. Avec mon travail journalier, mon gain suffit juste à payer la nourriture », explique-t-il.
Face à la situation, les membres de la confédération des syndicats des travailleurs malgaches révolutionnaires adoptent la cause des chômeurs. « Une caisse de chômage doit être créée afin de venir en aide aux personnes en difficulté », déclare Paul Rabemananjara, secrétaire général. Une suggestion qui a été formulée à l’occasion de la fête du Travail, le 1er mai.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4305 du 09-05-2009