L’Association professionnelle des boulangers de Toliara (APBT) monte au créneau en tirant la sonnette d’alarme sur la situation qui prévaut dans le secteur. Elle s’inquiète de la hausse fulgurante du prix de la farine dans la Cité du Soleil.
Si le sac de « Fanion vert» se vendait à 59 000 ariary il y a deux semaines, il est proposé depuis quelques jours à 80 000 ariary.
Cet état de fait contraint certains boulangers à revoir à la baisse le volume de leur activité, tandis que d’autres menacent tout simplement de baisser rideau.
«Les coûts de fabrication du pain ont augmenté, entraînant des conditions de travail de plus en plus précaires pour les boulangers. Ils produisent quasiment à perte, alors que l’État propose de baisser le prix du pain, lequel demeure un produit stratégique », précise Hanif Hedaraly, président de l’APBT.
Soutien direct
Pour faire face à une situation pouvant prendre des proportions inattendues, les boulangers de Toliara appellent à «une intervention des pouvoirs publics tendant à régler ce problème, et éviter ainsi une mort programmée de ces artisans du pain».
Actuellement, le pain bâtard de 250 grammes s’écoule à 400 ariary et ce depuis cinq ans. Un tel tarif, explique l’APBT, empêche les artisans boulangers de faire face à l’augmentation du prix de la farine.
Pour eux, « tout s’enchaîne, sauf pour les boulangers qui se retrouvent quasiment à produire à perte avec toutes leurs charges professionnelles ».
L’APBT souhaite « obtenir un soutien direct du ministère du Commerce, si ce dernier tient coûte que coûte à garder le prix actuel du pain bâtard ». Les boulangers de Toliara ont pu maintenir jusqu’à présent le prix du pain, en dépit des différentes hausses enregistrées ces dernières années, dont celle des prix de l’eau et de l’électricité de la Jirama.
Afin d’éviter le bras-de-fer, ils ne revendiquent pas l’augmentation des prix, « mais juste des mesures devant permettre d’améliorer ou de maintenir leur marge bénéficiaire ». A noter que la ville de Toliara compte six boulangeries.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4303 du 07-05-2009