Zone franche. L’on voit tous les matins des jeunes tentant leur chance devant les portes des entreprises franches et ce, dans l’espoir de décrocher un poste.

La crise financière mondiale qui a frappé les grandes économies du monde et secouant les pays en voie de développement, a eu de lourds impacts sur les activités des entreprises franches installées à Madagascar.  L’on apprend auprès de certains responsables de société opérant dans le secteur de la zone franche qu’ils ont enregistré de grosses pertes de commandes durant le mois de  mars et cela semble se poursuivre jusqu’à présent.
Selon les explications d’un responsable que nous avons interrogé, il est pour l’instant difficile d’évaluer les pertes de commandes, mais celles-ci se manifestent entre autres par la disparition de certains gros clients avec lesquels les entreprises franches  malgaches avaient l’habitude de travailler tandis que d’autres ont réduit de manière considérable leurs commandes. «Chaque année, en cette période, nous recevons d’importantes commandes des clients européens et américains mais cette année, on est déjà au mois de mai mais l’on tourne encore loin de notre capacité», s’inquiète l’interlocuteur. Cette réduction d’activité et les blocages causés par la crise socio-politique que traverse le pays depuis le mois de janvier, ont mis plusieurs dizaines de milliers d’employés d’entreprises franches dans la rue.  
Un dirigeant d’entreprises franches explique que, entre le mois de décembre et le mois de février, certaines sociétés ferment une bonne partie de leurs unités de production. Selon ce responsable, cette période coïncide avec la saison morte pour les entreprises de ce secteur. Il n’y a pratiquement pas de commandes durant cet intervalle de temps et les activités ne reprennent qu’à partir du mois de mars. Quand les commandes arrivent, les employeurs recrutent en masse pour pouvoir honorer les demandes des clients. Or, pour l’année 2009, ces entreprises se disent être en difficulté. «2009 ne sera jamais comme les autres années », «Nous n’envisageons même pas reprendre la totalité de notre main-d’œuvre, envoyée depuis le début décembre en chômage technique», se résigne-t-il. Et de conclure : «Il n’est pas pour moi question de recruter».
A en croire les déclarations de cet opérateur économique, l’on peut dire qu’il sera très difficile pour ces «nouveaux chômeurs» de retrouver du travail dans une entreprise franche, du moins dans les prochains mois.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7823 du 4 mai 2009