La crise socio-politique que traverse le pays est vécue diversement. Si dans la capitale et les principales grandes villes les effets se ressentent plus, par contre, dans les campagnes, en milieu rural comme dans la région d’Amoron’i Mania, la situation est moins embarrassante et surpassée par d’autres occupations plus ponctuelles dictées par la survie. D’autant plus que cette crise socio-politique se déroule à la période de soudure qui correspond aux travaux des champs.

Quotidien

Pour la population rurale d’Amoron’i Mania, cette crise socio-politique est occultée au profit d’autres occupations fortement liées au quotidien et à la survie de la population en cette période de soudure. Ces travaux consistent entre autres en travaux des champs pour assurer au plus vite une sortie de cette période de soudure. Sachant que personne d’autre ne viendra le faire à leur place. Une logique somme toute bien évidente où l’esprit de solidarité et d’entraide doit prévaloir à tout moment pour arranger les choses au mieux. Place à la politique du ventre non à la politique politicienne qui n’a pas vraiment contribué à développer le monde rural, laisse-t-on entendre de partout. Il en est de même pour les commerçants, les fonctionnaires qui continuent leurs activités et les élèves qui vont à l’école. L’approvisionnement de la population en produits de première nécessité, contrairement aux crises précédentes, n’a pas été perturbé. Permettant ainsi à la population de vaquer normalement à ses activités. Jusqu’à ce que des rumeurs, des intoxs de tous genres viennent troubler l’atmosphère et créer par conséquent un climat d’inquiétude. En particulier pour les parents qui ont des enfants à Ambositra. Nécessitant pour ces parents parfois de nombreux déplacements en ville pour voir les choses plus clairement, dissiper les rumeurs et avoir l’esprit calme.

Projets programmes

Sur le terrain, dans les communes rurales, certains projets et programmes poursuivent leurs activités jusqu’à preuve du contraire. Comme le programme MCA-Madagascar qui a dû cesser ses activités non sans conséquence. Un retour à la normale de la situation est plus que souhaité par tous, y compris pour ces paysans qui veulent produire et vendre leurs produits dans des conditions favorables en cette période des récoltes. C’est le vécu de la crise en milieu rural dans l’Amoron’i Mania et bien d’autres régions des Hautes Terres centrales.

Extrait Midi MAdagasikara – Parution N° : 7821 du 30 avril 2009