La compagnie QMM prévoit d’exporter sa première cargaison d’ilménite dans quelques jours. Le navire affrété à cet effet est attendu cette semaine.
Madagascar est sur le point de devenir un pays exportateur d’ilménite, au moins durant les 60 années à venir. La compagnie Qit Madagascar minerals (QMM) qui exploite le gisement d’ilménite de Tolganaro prévoit d’envoyer sa première cargaison au Canada, au plus tard au début du mois de mai. Une quantité importante du minerai attend déjà son embarquement au nouveau port d’Eoala.
Selon l’information obtenue auprès de QMM, le bateau prévu pour le transport devra accoster, à la fin de cette semaine, et les installations nécessaires aux opérations portuaires sont déjà prêtes. « Toutes les infrastructures du projet sont déjà terminées sauf le port d’Eoala qui, comme prévu, ne sera entièrement fini qu’au mois de juillet. Le calendrier du projet a été très bien respecté », déclare un responsable au sein de QMM.
Relance du débat
La quantité à exporter évoluera progressivement au fur et à mesure que la production atteindra sa vitesse de croisière. Le premier envoi sera de 35 000 tonnes mais la compagnie prévoit d’exporter jusqu’à 750 000 tonnes par an, soit près de 60 000 tonnes par mois. Le début des exportations signifie également le début du paiement de redevance pour l’État. Elle s’élève à 2% de la valeur F.O.B, c’est-à-dire, sans les taxes, le frais de transport et d’assurance, du minerai.
Le montant de cette redevance en ariary évoluera, donc, selon le cours de l’ilménite sur le marché international et la fluctuation de la valeur de la monnaie nationale par rapport au dollar. Par ailleurs, le montant des taxes et impôts s’élèvera à 21 millions de dollars lorsque la production atteindra sa quantité maximum. Mais en 2008, par exemple, QMM a payé 11 millions de dollars de taxes à l’État.
A la veille de cette première expédition, le débat est à nouveau relancé à Tolagnaro sur les retombées du projet sur l’économie nationale et locale. Alors que les transporteurs se plaignent de quelques résiliations de contrats, d’autres analyses vont plus loin et se posent de questions sur l’apport des sociétés malgaches qui ont travaillé pour QMM pour le développement local. Il y a très peu de réinvestissements locaux des profits engrangés alors que le projet a dépensé 100 millions de dollars pour ses achats locaux en 2008.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4298 du 30-04-2009