La station forestière d’Ambalavao à Ambatofotsy traverse une période critique. Le sol est dénudé par endroits.

La station forestière se trouvant dans le fokontany Anosibe, près d’Ambatofotsy, district d’Antsimondrano perd une partie de ses arbres. A première vue, le versant donnant sur le pont d’Ambatofotsy devient clairsemé, laissant à nu le sol de la montagne. Selon la délimitation de la surface, une partie de ce terrain défriché relève d’une propriété privée.
En pénétrant à l’intérieur, on constate que la diminution de la végétation frappe également la propriété du ministère de l’Environnement, du tourisme et des fôrets (MEFT). En longeant le bord du site, la forêt montre une diminution de volume. « On craint d’assister au déclin de cette station si les arbres continuent à diminuer en nombre. Je me suis pourtant habitué à voir cette forêt bien étoffée depuis toujours », regrette Etienne Ratrimo, un habitant du secteur.
A entendre les explications du personnel travaillant au parc, la coupe clandestine est l’une des causes de cette régression. « Le pillage de la fôret est fréquent ces derniers mois. Nous entendons même des bruits de coupe au milieu de la nuit », raconte André Ramilison, responsable de l’organisation non gouvernementale Milasoa, s’occupant de la pisciculture au pied de la station.
Bûchettes huileuses
Depuis des années, l’extraction illicite de bûchettes huileuses à partir du tronc des pins vient alourdir le problème. « Les chercheurs de bûchettes huileuses fragilisent les arbres de sorte qu’ils tombent au moindre coup de vent », poursuit André Ramilison.
Afin de limiter les dégâts, certains gardiens travaillant à la station ont été remplacés du temps du précédent ministre de l’environnement, Harrison Randriarimanana. Le défi d’enrayer la coupe nocturne d’arbres s’avère une tâche ardue pour l’actuel ministère de tutelle.
Il en est de même pour l’application de la note émanant de la région Analamanga, interdisant l’extraction des bûchettes huileuses. En ce qui concerne la sortie d’arbres dans la journée, le chef fokontany d’Anosibe indique qu’elle se fait sur présentation d’une autorisation de coupe délivrée par les autorités compétentes.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4297 du 29-04-2009