La crise que vit le pays actuellement touche tous les secteurs d’activité. Les impacts de ce problème sociopolitique sont actuellement sérieusement ressentis au niveau des ménages malgaches. L’on a observé par exemple ces derniers jours que le prix du charbon de bois, le combustible le plus utilisé par les foyers malgaches, a encore connu une augmentation. Une évolution qui est due selon les explications des producteurs de «charbon», au fait que les acteurs en amont de la filière éprouvent des difficultés pour écouler leur production. Les intermédiaires ou les détaillants qui viennent directement s’approvisionner en brousse auraient réduit conséquemment leur commande. Et comme il y a moins de produits disponibles sur le marché, les prix augmentent inévitablement.

Tarissement

D’après Vonjy, un détaillant charbonnier de quartier, la hausse des prix tourne autour de 1 000 à 2000 ariary par sac. Ainsi, un gros sac de charbon de bois coûte désormais 13 000 Ariary si celui-ci se négociait à 11 000 ariary auparavant. Un sac moyen se vend désormais chez Vonjy à 11 000 ariary, alors qu’il le donnait encore il y a quelques jours à 10 000 ariary. Vonjy n’est pas le seul à avoir révisé ses prix à la hausse, car la majorité des charbonniers détaillants ont appliqué de nouveaux tarifs. Mais ces derniers reconnaissent aussi quelque part que la hausse des prix est due à un tarissement de leur trésorerie.
Selon leurs explications, les clients ont changé leur comportement de consommation. Une partie de la clientèle qui achète d’habitude des sacs ne le fait plus, témoigne une autre vendeuse de charbon. «Les achats au détail se multiplient et cela rallonge considérablement le temps que nous mettons pour écouler nos stocks», ajoute-t-elle. «Les chiffres d’affaires ont fortement baissé et cela a des impacts sur notre capacité de renouvellement des stocks», apprend-on toujours de ces opérateurs.
Cette baisse du pouvoir d’achat des consommateurs a des conséquences non négligeables sur les activités des entreprises locales. Ainsi, les opérateurs économiques attendent de pied ferme un geste de la part des autorités concernées pour relancer la consommation. 

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7819 du 28 avril 2009