Foire aux livres ici, sortie de quatre récits littéraires là, et d’autres manifestations qui se rapportent à la littérature partout. La célébration de la journée mondiale du livre et des écrivains, le 23 avril, à Madagascar s’annonce bien. Tout le monde, les artistes et littéraires en particulier, semble être mobilisé par l’événement. Et ce, malgré le fait que la principale préoccupation des Malgaches, de ces derniers temps, reste encore la politique et les crises sociales et économiques dues à la politique.

Dominique Ranaivoson a été la première à marquer d’une pierre blanche cette importante journée. Bien entourée, à côté des auteurs des récits qu’elle a sélectionné pour sa chronique, Désiré Razafinjato, auteur de « Madagascar au Djebel Algérien », Cyprienne Taozara qui a écrit « Doublement un », Johary Ravaloson « Antananarivo, ainsi durant les jours pluvieux » et Hery Mahavanona, l’auteur de « Au nom du père », elle a présenté le second volume de « Nouvelles chroniques de Madagascar », samedi dernier au centre culturel Albert Camus.

Allant du roman au conte, les récits mettent en scène divers personnages comme des paysans, des citadins et des soldats, dont la vie quotidienne semble être ordinaire mais fascinante. L’aventure littéraire des auteurs va en effet de la capitale, Antananarivo, traverse les villages Tsimihety, à l’Ouest de Madagascar, pour aboutir en Algérie où la Reine Ranavalona III, alors en exil, a perdu la vie à l’époque de la colonisation.

Source de savoir

La société biblique malgache, elle aussi, a voulu contribuer à la construction de l’édifice (mais quel édifice au juste ?). Depuis trois ans maintenant, elle a organisé « La foire aux Livres ». La troisième édition se déroule dans le jardin d’Antaninarenina depuis mardi. Forte d’une dizaine de stands, elle ne prendra fin que ce samedi 25 avril.

Dans le cadre de la célébration de cette journée mondiale, l’association des orateurs malgaches, (Fimpima), prévoit de se manifester à travers une conférence-débat sur la mission de l’association, la place du livre et les droits d’auteurs, des ventes et expositions. Une manifestation très importante, semble-t-il, aussi bien pour les « orateurs » que pour les « lecteurs ».

Mais quelle place occupe le livre dans le quotidien des Malgaches ? « C’est la source du savoir », reconnaît Marc Rakoto, président de la société biblique lors de l’ouverture de cette foire, mardi. Et si la société Biblique a mis en valeur la parole de Dieu et l’éducation dans le cadre de l’événement qu’elle organise, c’est parce qu’elle croit que dans ces domaines on peut très bien acquérir de plus amples connaissances.

Moyens insuffisants

Hemerson Andrianetrazafy, plasticien, poète et historien, constate que la culture de la lecture n’est pas encore bien inculquée chez les Malgaches. Et pourtant, dit-il, je suis étonné de voir des jeunes étudiants et des simples citoyens s’intéresser aux extraits d’œuvres littéraires exposées par ci et par là. « Visiblement, c’est curieux », regrette-t-il.

Malgré la multiplication des manifestations littéraires ces derniers temps, et les efforts effectués par les écrivains, les éditeurs et l’État pour publier leurs ouvrages, le livre reste toujours au second plan dans le pays.

« C’est une question de moyens », explique un lecteur. Les livres sont encore très chers à Madagascar. Le prix d’un dictionnaire, par exemple, est deux fois supérieur au salaire minimum de base dans le pays. « Comment voulez-vous que les gens fassent autant de sacrifice », s’inquiète-t-il. Les bibliothèques de leur côté, se présentent toujours comme un espace réservé aux « civilisés privilégiés ». Or, plus de 80% des Malgaches vivent à la campagne.

Conclusion : ce n’est ni la culture de la lecture, ni les moyens déployés par les auteurs et éditeurs qui manquent à Madagascar. Ce sont surtout les moyens pour faciliter l’accès à la lecture, pour tous publics, qui ne sont pas très poussés.

Extrait Madagascar Tribune – jeudi 23 avril 2009