Le pouvoir central et les collectivités locales sont partis pour une véritable lutte contre le fléau qui mine la partie Nord du pays.

Face au pillage des bois précieux dans la SAVA, des actions de sensibilisation sont entreprises. Tel est le cas récemment de la réunion d’un comité ad hoc pour la protection des aires protégées plus particulièrement de Madagascar National Parc de Marojejy et de Masoala.
.En effet, plusieurs zones de ces deux aires protégées sont réputées envahies par des individus qui y abattent des bois précieux dénommé Andramena, plus connu par le surnom de « bolabola » et chassent les espèces animales telles que les lémuriens, les anguilles, des crevettes et des poissons des parcs marins de Masoala.

Evacuation totale

Comprenant différentes entités émanant du  Ministère de l’environnement et des Eaux et Forêts, du KMD, des employés assermentés du cantonnement des eaux et forêts, des gendarmes et policiers et des journalistes, la mission de sensibilisation a consisté à mettre en œuvre le processus d’évacuation totale des intrus ayant envahi de force le parc ainsi qu’à la recherche des moyens de formaliser l’exploitation illicite des bois précieux. Ce, afin de rendre effective la politique de lutte contre la pauvreté, en permettant à la population locale d’avoir des sources de revenues officielles. Il s’agissait également de mettre un terme aux coupes non autorisées. Les populations des Fokontany concernés par ce pillage des richesses naturelles sont unanimes à reconnaître que la mise en place d’un système adéquat pour éradiquer ce fléau est plus que nécessaire.

Doléances

La majorité de la population et des chefs de Fokontany ont affirmé leur volonté politique malgré leur impuissance à expulser les envahisseurs  ayant pénétré par force et embauché des hommes forts et valides du village pour la coupe des bois de 25cm de diamètre sur deux mètres de long et le transport vers le dépôt. Les chefs Fokontany ont également profité de cette réunion pour adresser des doléances aux autorités afin que des actions soient entreprises pour leur permettre de mieux lutter contre la pauvreté. Une pauvreté provoquée, par ailleurs, par la chute des prix de la vanille. Leur souci principal réside aussi dans la mise en œuvre de mesures de sécurité qui leur permettront de mieux se protéger contre les tentatives de répression des trafiquants qui opèrent dans la région. Quoiqu’il en soit, les populations locales apprécient ce genre de réunions, afin de renverser la situation qui prévaut actuellement dans ces deux parcs où des centaines de pieds de ces bois précieux sont abattus.

Poste avancé

Par ailleurs, les routes secondaires menant vers des villages proches du parc sont abîmées. A l’exemple de celle menant vers Andratamarina, Andrahanjo ainsi qu’au fokontany de Mandena, commune rurale de Maroambihy, comme les 8 communes du district d’Antalaha citées plus haut qui sont complètement abîmées par les passages, jour et nuit, des camions chargés de ces bois précieux. A Ampandrana, commune rurale d’Andratamarina comme dans d’autres endroits, plusieurs hommes étaient encore en train de tirer la rondelle de bois liée à l’extrémité du bout avec une corde en nylon. Des interventions  des gendarmes, policiers et des agents forestiers sont sollicitées.  Les  hauts responsables régionaux de la gendarmerie nationale, de la police et de l’administration forestière ont été également invités à augmenter la fréquence des tournées de contrôle, en attendant la mise en place d’un poste avancé au bord des parcs nationaux de Marojejy et de Masoala. Une urgence pour ne pas laisser exploiter illicitement ces richesses nationales que sont les bois précieux de la SAVA.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7814 du 22 avril 2009