Beaucoup de parcs font l’objet d’exploitations illégales. La communauté internationale demande leur protection.
Les parcs nationaux n’ont pas été épargnés par la crise politique à Madagascar. Depuis janvier, l’exploitation forestière illégale a connu un boom dans les forêts humides d’Atsinanana, notamment dans les parcs de Marojejy et Masoala. Le vol de bois précieux s’est aussi aggravé dans les districts d’Antalaha et Sambava. Les parcs nationaux malgaches, temoins du patrimoine mondial, en deviennent défigurés.
« Ces actes de pillage se sont multipliés depuis l’émission d’autorisations exceptionelles d’exploitation. L’absence des forces de l’ordre et d’une administration forestière sur place accentuait les vols », déplore Guy Suzon Ramangason, directeur de Madagascar National Parks.
Situation préoccupante
Les trafiquants ont profité des récents événements politiques au pays pour accroître leurs activités. « Beaucoup d’employés forestiers ont subi des actes de vol. Seuls quelques-uns de nos employés sont restés sur place pour surveiller les parcs. Mais ils sont impuissants face à l’assaut des centaines de pilleurs », ajoute Ramangason.
Face à cette situation, la communauté internationale a réagi par l’intermédiaire de l’Unesco et de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Ils se disent préoccupés par la situation et appellent les autorités gouvernementales et les Malgaches à faire leur possible pour arrêter ces pillages.
Selon eux, Madagascar abrite une partie importante du patrimoine naturel mondial. Il est le deuxième pays le plus riche de la terre en biodiversité. Le ministère de l’Environnement a déjà mis en place un comité de veille.
« Des patrouilles de la gendarmerie sont descendues sur place mais leur efficacité n’est pas garantie », souligne un des habitants à l’entrée du parc. Il a fallu l’intervention d’une forte délégation composée des membres de Madagascar National Parks, de l’administration forestière, des politiciens et des membres du comité de défense pour la démocratie, pour chasser les trafiquants.
La question sur le devenir des bois précieux pillés dans ces parcs reste sans réponse. « Ils sont considérés comme volés. Ce qui doit alerter les responsables », conclut Ramangason.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4288 du 18-04-2009