A la même période, se tient chaque année, la récolte de sorgho qui fait partie des aliments de base, avec le maïs et le riz, de la population du Grand Sud de Madagascar.
Planté au début de la saison de pluies, vers 15 décembre en général, le sorgho connaît une durée du cycle de production jusqu’à sa maturation qui varie entre 115 à 180 jours, soit 6 mois pour les variétés tardives et un peu moins de 4 mois pour celles hâtives. Cultivé surtout dans les régions arides de l’île,  le sorgho résiste aux températures élevées même durant les périodes de sécheresse et le grain de sorgho n’a pas de gros besoins en eau pour germer, d’autant qu’il peut rester en terre plusieurs semaines sans germer en attendant une humidité suffisante. Dans les conditions d’Ambovombe, le sorgho précoce arrive à maturité avec une faible pluviométrie de 200 mm seulement durant leur cycle végétatif (mi-décembre à mi-avril). Le sorgho se multiplie par semi direct dont l’azote est son pivot de la fumure puisque pour produire 2 tonnes de grain à l’hectare, on estime qu’il faut apporter suivant les situations 35 à 45 kg/ha de l’engrais. En 2007, la remise sur les rails de la plantation de cet aliment a été réalisée dans 3 régions du sud, à savoir, Atsimo Andrefana, Anosy et Androy avec plus de 60 000 familles ciblées. La plantation couvrait plus de 15 000 hectares avec des semences comprenant un cycle de production de 3 mois et 10 jours. Le projet a été mené avec une formation des bénéficiaires durant dix jours et des banques de céréales ont été installées au niveau de chaque région. Ces structures ont servi au stock de régulation et aux semences de relance agricole.

Suspendue ?

Un système de pérennisation a aussi été créé en même temps et comprenait quatre niveaux : le silo dans les villages, le centre de stockage dans les communes, une sous banque de céréales dans le district ou intercommunal et enfin, une banque de céréales au niveau de chaque région. Ce projet de plantation de sorgho et d’installation de banques de céréales a coûté un million de dollars, dont la majeure partie est financée par l’Agence américaine Usaid avec la participation de plusieurs partenaires. Pour la saison de l’année 2008, c’est-à-dire débutant au mois de décembre 2007, la même agence américaine a répondu favorablement à la requête de financement du gouvernement malgache à travers le projet « coordination et support technique pour la relance de la production du sorgho dans le Sud de Madagascar ». Représenté par le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (Maep), cette demande a été adressée à l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (Fao), ainsi qu’à d’autres partenaires techniques et financiers œuvrant dans le domaine du développement pour la mobilisation des fonds et d’assistance technique pour redynamiser cette culture dans ces régions concernées. L’objectif est d’assurer pour la prochaine saison culturale à partir du mois d’octobre 2008, en collaboration avec des partenaires techniques la production en contre-saison de 15 à 20 tonnes de semences de base de sorgho à distribuer aux bénéficiaires ciblés pendant la campagne 2008-2009.

La Fao a également assuré la formation de 40 techniciens et chercheurs malgaches organisée en collaboration avec le ministère de tutelle. Mais le résultat est tout autre sur le terrain et quant aux objectifs fixés, aucune statistique n’est sortie d’autant que les projets ont été suspendus suite à l’achat de l’avion présidentiel « force one two ». Au début de la saison culturale de cette année, rien n’a été fait ou initié, d’où la famine qui sévit durement dans le Sud en ce moment.

Extrait La Vérité  – Jeudi, 16 Avril 2009