Depuis un certain temps, Madagascar apparaît aux yeux du monde entier comme un pays en crise. Mais malgré ce schéma et l’avenir plein d’incertitudes, les événements culturels comme le Donia ne se laissent pas happer par ces aléas de la vie politique. En effet, envers et contre tout, le Comité d’organisation du festival Donia (COFESTIN) continue à travailler d’arrache-pied. Mais si pour beaucoup, le festival ne représente qu’une fiesta géante avec la plage et le soleil en plus, il est un atout majeur socio-économique pour le pays, depuis près de 15 ans. Sillonnant la RN4 et bien ancré dans le calendrier de Nosy-Be, Donia représente un enjeu social considérable. Des campagnes de sensibilisation contre le SIDA ou encore pour la protection et les droits des enfants sont organisées chaque année conjointement avec le SE-CLS, le GTZ et l’UNICEF. Des campagnes qui ont porté leurs fruits auprès de la population rien que pour la lutte contre le SIDA.
Opportunité économique régionale. Mais le Donia, c’est aussi près de 200 artistes qui font le plein chaque soir au stade d’Ambodivoanio, devant 12.000 spectateurs. Un apport économique considérable pour la région. « Le festival Donia a été créé en 1994 pour revitaliser la saison touristique en période de Pentecôte. Aujourd’hui, l’objectif a été atteint, puisque le festival Donia attire de plus en plus de touristes chaque année. » explique Jean Louis Salles, vice-président du COFESTIN. Un succès sans commentaires qui se retrouve confronté à de nouvelles difficultés. Car si il y a 15 ans, les touristes désertaient Nosy-Be, actuellement la situation est tout autre. « Le Donia est très demandé par les agences et Tour operators étrangers. Mais pourtant, notre capacité d’accueil et la fréquence des vols ne permettent pas encore de répondre à cette demande. Si la situation s’améliore, on pourrait attirer avec le Donia 4 à 5 fois plus de touristes. » continue ce dernier qui est aussi le directeur et gérant du Vanila Hotel. Un des hôtels prestigieux de l’île qui affiche complet au cours de ce festival. Ici, les chambres sont réservées près de 3 mois à l’avance. Une preuve de l’enthousiasme et du succès international généré par Donia.  Mais au-delà de ces paramètres touristiques, le Donia, c’est aussi une création d’emplois, relatifs à l’hôtellerie mais aussi aux structures d’organisation sur place. D’autres structures comme la Star font appel à des saisonniers pour les animations et ventes de leurs produits. Car le festival est une aubaine économique qui profite à tous. Notamment aux vendeurs locaux établis dans et aux alentours du stade. En moyenne, un client dépense environ 15.000 ar par soirée. Ce qui représente un chiffre d’affaires approximatif de 2.250.000 ar par soirée pour un stand moyen. Sans parler des jeux qui se déroulent toute la journée et des activités diverses autour de l’île. 
Une fierté nationale. Aujourd’hui, et ce depuis 2007, le festival Donia entend devenir un événement national et non plus régional. Une caravane de 130 personnes fait ainsi le plein sur toute la RN4 avec des représentations  populaires. Une ferveur partagée partout dans la Grande Ile. Car au fil de ses 15 ans d’existence, le Festival Donia a fini par représenter un des événements culturels qui rendent Madagascar fière. Ce qui n’est pas toujours le cas, surtout en ces temps de crise.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7809 du 16 avril 2009