Traditions. Comment dater l’alahamady ? La question divise les gardiens de la tradition. Voici une théorie argumentée que nous propose Erys Rabedaoro.

L’heure est venue de briser le secret sur une découverte jusqu’ici soigneusement protégée. Notre sujet : l’alahamady (Nouvel an malgache) et la méthode Anakara-Antemoro pour la dater.
Plusieurs dates de l’alahamady sont proposées actuellement à travers les différents almanachs disponibles dans les librairies et centres de recherches. Beaucoup d’entre nous se demandant laquelle de ces dates est la vraie date de l’alahamady. Chaque auteur dira et soutiendra que la sienne est la vraie et que les autres ont tort. Comment l’en dissuader ? A vrai dire, chacun a raison. Le problème, à notre avis, n’est pas de déterminer qui a raison ou qui a tort. La sagesse nous incombe de déterminer une date unique, unanimement choisie, pour notre nation. Trois méthodes sont actuellement proposées pour dater l’alahamady. Nous avons le devoir, mieux, l’obligation, pour nos enfants, pour Madagascar, d’en choisir une. Et nous devons le faire objectivement en nous souvenant de l’adage de nos ancêtres : «Ny hevitry ny maro mahataka-davitra » (L’idée qui émane de plusieurs personnes va loin). Forts de leur science et de leurs expériences, certains astrologues nous ont dit : « Il est inutile de discuter de l’alahamady car aucun astrologue ne dénigrera sa méthode ». Or, la question n’est pas d’avoir raison ou tort. Il n’est pas normal que dans un pays comme le nôtre, la même année, on fête plusieurs fois le nouvel an malgache. La différence est une richesse, mais, dans le cas présent, elle nuit à l’unité nationale.
(…) En 2010, si nous comptons à partir de 1960, notre pays aura 50 ans. Ce sera l’année de notre libération, l’année de notre envolée vers un futur étincelant et même, permettez-moi de dire, l’année de notre transfiguration. Cette année est capitale pour Madagascar. Pour fêter son début, l’alahamady, ayons la sagesse de choisir une date unique pour toute l’île. Nous qui sommes si fiers du « fahendren’ny razana », si fiers de notre philosophie du fihavanana ‘(qui, en ce moment, bat de l’aile), trouvons ensemble, sans a priori, cette date.
A la question : Comment dater l’alahamady ? L’astrologie Anakara-Antemoro, héritière d’un manuscrit du prophète Daniel sur l’astrologie divinatoire, répond : « Dès le mois de mars, surveillez le ciel. Lorsque la pleine lune brillera à proximité du groupe d’étoile Alikilily, ce sera le signe, la preuve, que 15 jours auparavant, la nouvelle lune a eu lieu dans la constellation Ariès (alahamady), que l’année donc, 15 jours auparavant a commencé ». Pour cette année 2009, regardez la pleine lune du 9 mai. Vous la trouverez près de l’Alikilily, preuve que le 25 avril 2009, la conjonction soleil lune s’est produite dans la constellation de l’alahamady ! Pourquoi  la date est différente de celle des autres ? Parce que les astrologues Anakara-Antemoro se repèrent par rapport aux constellations du zodiaque. En effet, signes et constellations du zodiaque sont différents. A l’œil nu, nous pouvons suivre les déplacements de la lune ou d’une planète à travers les constellations du zodiaque, ce que nous ne pouvons pas faire à travers les signes qui sont des découpages conventionnels du ciel d’après l’astrologie grecque. Un signe n’est pas visible, ce n’est pas un groupe de points lumineux repérables comme les constellations. Quand les astrologues Anakara-Antemoro disent que la lune est en « asombola », ils font allusion à la constellation de Virgo qu’on peut voir à l’œil nu. Ils ne font pas référence au signe de la Vierge qui est un découpage mathématique du ciel.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7808 du 15 avril 2009