Une vive inquiétude. C’est ce qu’ont tenu à exprimer la semaine dernière, les organismes nationaux et internationaux en activité dans le domaine de la préservation et la conservation des ressources naturelles et l’environnement, « face à la dévastation actuelle des ressources naturelles du pays ». Référence a été faite à des actes de pillage des bois précieux, d’intensification du commerce illicite d’espèces sauvages, notamment les tortues, ainsi que du retour à des pratiques destructrices dans les aires protégées (exploitation illicite des ressources minières, tavy, teviala, etc.). Le plus inquiétant est que les pillages se font de manière organisée et souvent, par des personnes armées. Les bois précieux, par containers entiers, partent à l’étranger tandis que les reptiles se vendent au grand jour, sans que les auteurs de ces actes illicites ne soient inquiétés.

Témoins. Des faits rapportant ces cas de pillages et de destruction, notamment, dans la partie Nord de l’île durant la période la plus critique de la crise politique, ont été relayés par des témoins sur place. Des témoins impuissants face à des armes brandies par les personnes qui s’adonnent à ces pratiques illégales. Aujourd’hui encore, ces actes de pillage ouvert continuent. Les inquiétudes des organismes en activité dans le pays depuis des années, voire des décennies dans le domaine de l’environnement, sont ainsi plus que justifiées. En effet, des efforts significatifs ont été entrepris par la Grande île afin de réduire la dégradation de l’environnement et de préserver la biodiversité unique qui constitue un patrimoine inestimable pour le pays. La contribution des divers organismes non gouvernementaux, nationaux et étrangers, a été plus que significative et a permis d’obtenir des résultats encourageants. Des efforts qui risquent d’être réduits à néant si des pillages et actes de destruction continuent d’avoir lieu.

Sonnette d’alarme. « Cette situation compromet les efforts consentis jusqu’à présent pour responsabiliser les communautés locales à préserver leurs ressources des tentatives de pillage par des personnalités spoliant le patrimoine national pour des profits personnels ponctuels », déplorent alors ces organismes non gouvernementaux, dans un communiqué publié tout récemment. C’est une véritable interpellation qu’ils ont adressée aux autorités compétentes pour mettre fin à cette situation déplorable et punir les responsables. C’est une sonnette d’alarme, en somme, qui vient d’être tirée, pour «que les ressources naturelles ne soient plus otages de situation de crises politiques et d’urgences post-cycloniques ».

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7802 du 7 avril 2009