Après l’annonce de la fermeture du groupe Tiko, les autorités se penchent sur la question ce jour pour évaluer son impact sur l’économie.
Les sociétés Tiko vont reprendre leurs activités. Cette déclaration émane de Benja Razafimahaleo, ministre des Finances. Une réunion avec les responsables du groupe se tiendra ce jour. Une convention comprenant les conditions de la remise en marche devra être dressée et signée par les deux parties à l’issue de la rencontre.
« Nous allons entamer des négociations. Mais Tiko ne doit plus s’endetter davantage vis-à-vis de l’Etat et doit s’acquitter de ses dettes », précise le ministre. Du côté de Tiko, une source annonce que c’est le ministre qui a appelé les responsables en vue de cette réunion et c’est ainsi qu’un rendez-vous a été fixé.
Des commerçants pénalisés
Le groupe Tiko a annoncé l’arrêt de toute production en affirmant que les conditions pour le bon fonctionnement de ses activités ne sont pas réunies. Dans un communiqué adressé au grand public, le harcèlement subi par les employés, le scellage de bâtiments de stockage de certains produits et l’inexistance du réseau de distribution après le pillage et l’incendie des centrales de vente Magro ont été énumérés comme raison de l’incapacité du groupe à produire.
Comme il s’agit d’un fleuron de l’industrie malgache avec 3 500 emplois directs et près de 100 000 emplois indirects, les conséquences de la fermeture du groupe s’avèrent un coup dur pour l’économie. Outre les producteurs agricoles qui assurent l’approvisionnement en matières premières, les sous-traitants et les commerçants souffrent de l’arrêt des activités de la plus grande industrie agroalimentaire malgache.
« La fermeture de Tiko se répercute sur nos activités car ses produits constituent la majeure partie de nos marchandises », indique Marie Ravaoarisoa, une épicière de Mahavoky.
Du côté des consommateurs, les impacts sont plus importants car des produits comme le yaourt, le beurre, les sorbets, sans oublier l’huile et la farine sont devenus indispensables. Les autres sociétés qui en fabriquent percent difficilement sur l’ensemble du pays pour différentes raisons, dont l’insuffisance de production.
« Je vends moins de baguettes de pain quand il n’y a pas de beurre. Maintenant, je suis obligée de vendre du fromage fabriqué de manière artisanale pour attirer les clients, mais ce n’est pas du tout rentable », témoigne Jeannine, une marchande de pain à Besarety.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4279 du 07-04-2009