Le groupe TIKO, spécialisé dans le domaine de l’agro-alimentaire, informe le public qu’il ne pourra plus produire. Les consommateurs ne peuvent plus ainsi se procurer de ses produits laitiers dont le yaourt, le lait, le beurre et les glaces car ceux-ci disparaîtront bientôt  des marchés, nous a communiqué la direction générale. Plusieurs raisons ont été évoquées pour expliquer cet état de fait. Tous les centres de distribution et les agences de la société ont été pillés, détruits et incendiés vers la fin de janvier dernier. Malgré cela, TIKO s’est efforcé d’assurer l’approvisionnement via les autres points de vente et les grandes surfaces avec qui elle travaille en partenariat en vue de satisfaire les consommateurs.

3 500 employés au chômage

Mais les responsables et les employés de cette société sont maintenant victimes de harcèlement. Pas plus tard qu’hier, deux camions frigorifiques de Tiko ont été retenus pendant une journée entière au niveau de la brigade criminelle à Anosy pour soupçon de trafic d’armes et d’argent alors que ceux-ci transportaient de la glace, qui plus est, un produit très périssable. Même les papiers sont en règle. Ce n’est pas tout ! Les marchandises appartenant à Tiko ont été scellées arbitrairement chez Madarail et au port de Toamasina. Les conséquences de cette fermeture de la société sont pourtant énormes sur le plan économique. Ses fournisseurs, notamment les paysans producteurs de riz, de lait, de maïs, de manioc et de fruits, seront les premières victimes. Les activités de ses partenaires en matière de conditionnement, de matières premières et intrants, de transport et de commerce sont aussi menacées. La dernière et non les moindres, 3 500 employés du groupe perdront leur travail dans toute l’île. Par ailleurs, d’autres opérateurs se plaignent également du fait de la recrudescence de l’insécurité pour ne citer que les grossistes victimes des actes de banditisme tout récemment. On observe plutôt la destruction du système économique plutôt qu’une relance, d’après leurs dires.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7801 du 6 avril 2009