Il y a des moments où l’on a envie de baisser les bras mais en réfléchissant, on ne veut pas abandonner  ce qu’on a déjà bâti. Ce fut la déclaration d’un opérateur hôtelier lors d’une conférence de presse.
Crise oblige, relance étant. Les opérateurs hôteliers, notamment ceux de la capitale adoptent comme politique de relance la baisse des tarifs de leurs chambres. L’on apprend de source au sein du secteur que des baisses allant jusqu’à 40% sont en ce moment appliquées dans certains établissements hôteliers. «Certes, les clients ne viendront pas dans les heures qui suivent ces campagnes de promotion menées par les hôteliers, mais au moins les clients étrangers et les partenaires sentent que les professionnels malgaches de l’hôtellerie sont prêts à faire un geste pour relancer le secteur», devait déclarer un de ces opérateurs.
L’on indique par exemple au niveau de certains établissements qui pratiquent ces remises ; (il faut noter que ce ne sont pas tous les hôteliers qui ont baissé leurs prix), que les tarifs sont passés de 80 euros, soit 200 000 ariary (l’euro valant 2500 ariary) la nuitée à 50 euros soit 125 000 ariary. Ce qui représente une diminution de 37%. Un autre établissement a baissé le coût de ses chambres à 40 000 ariary au lieu de 150 000 ariary. 

Tout le monde

Un professionnel confie que son établissement fonctionne en ce moment avec le minimum de personnel. «Comme nous n’avons pratiquement plus de clients, nous avons mis les employés en chômage technique», a-t-il expliqué tout en assurant qu’il reprendra son personnel au fur et à mesure que les activités reprennent. Mais pour le moment, la réalité, la triste réalité est que le secteur touristique malgache est au plus bas et qu’il est urgent de relancer les activités. Il faut rappeler que ce secteur est l’un des premiers pourvoyeurs de devises pour l’économie malgache. Faut-il aussi noter que les réserves en devises de la banque centrale ne tiendront pas éternellement, les financements extérieurs étant gelés, et qu’il va falloir penser à les renouveler.
Or, cette relance du tourisme, d’après ces opérateurs économiques ne peut se faire sans que tout le monde s’y mette. «Tous les intervenants du secteur doivent y apporter leur contribution», affirme un professionnel du tourisme.

Une destination moins chère

En effet, la baisse des tarifs devra également être appliquée au niveau du transport aérien, des agents de voyages et des tour operators. Les coûts des circuits doivent être revus à la baisse. Bref, c’est le coût de la destination dans son ensemble qui doit baisser. Ces actions doivent être accompagnées d’une campagne de promotion à l’extérieur pour que les clients et les partenaires sur les marchés touristiques en soient informés. Bien sûr, l’administration sera mise à contribution aussi bien au niveau local, en facilitant la vie aux opérateurs, qu’à l’étranger à travers les représentations diplomatiques. Le développement est l’affaire de tous.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7795 du 30 mars 2009