A une quarantaine de kilomètres de Sakaraha, sur la route nationale Antananarivo-Toliara et à 84 km de cette dernière ville, se dresse sur une haute colline au sud de la voie routière, un important tombeau. « Ses aloalo se profilent sur le ciel dans le lointain, invitant le voyageur à gravir la montagne pour admirer cette munificence funéraire » (Pierre Vérin, 1971).

La sépulture est constituée par un grand parallèlepipède de pierres soigneusement appareillées. Sa longueur est de 18 mètres, sa largeur de 9 mètres et sa hauteur d’un mètre. Une rangée de dalles forme séparation aucentre. « Si bien que nous sommes amenés à penser qu’il a en réalité deux sépultures côte à côte. D’ailleurs les aloalo sont organisés en deux groupes, un à l’intérieur de chaque carré délimité ».

Le goupe nord possède 8 éléments décoratifs : bœuf, oiseau, grenier sur pilotis, personnage avec coiffure en demi-ogive, guerrier à la sagaie, oiseau, bœuf, garde de Madagascar à chéchia. Le groupe sud comporte 12 « aloalo », incluant d’intéressants épisodes de la vie locale sous la période coloniale : soldats, percepteur assis tenant un coffre, femme portant une cruche, case gardée sans doute prison, bœuf assis, bouvier à la sagaie coiffé d’un chapeau en demi-ogive, dispensaire, consultation chez le « ombiasy », cavalier, gendarmes.

Hormis les bœufs, tous les personnages sont tournés vers l’Est. Entre les « aloalo » sont disposés des cornes et zébus sacrifiés à la cérémonie funéraire, des récipients en céramique et des bouteilles, des miroirs… Les statues du goupe sud sont fraîchement peintes. « Peut-être les sculptures n’ont-elles pas plus d’une quinzaine d’années d’âge».

Les « aloalo » ont tous un support de motifs géographiques caractéristiques de style funéraire mahafaly classique. Cependant, certains détails des sculptures (chapeaux, greniers à riz sur pilotis) semblent présumés que le(s) défunt(s) honoré(s) sont Antanosy.

Toujours dans le Sud-ouest, sur la route Ankazoabo-Tandrano, se dresse un magnifique poteau funéraire. Ses coloris et son allure élancée évoqueraient les stèles amérindiennes s’il n’était surmonté d’un avion sculpté. Sur ses ailes sont disposées des céramiques et de la vaisselle. Une insciption annonce que le poteau a été élevé en l’honneur d’une certaine Njefa décédée en 1958. Elle aurait aimé un pilote d’Air Madagascar et l’avion évoquerait cet épisode heureux de sa vie.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4270 du 27-03-2009