FONCTIONNAIRES. Ceux qui défendent la légalité ne veulent pas être complices de ceux qui ont fomenté le coup d’Etat déguisé.

L’ultimatum de 48 heures lancé par les fonctionnaires contre Andry Rajoelina pour démissionner prend fin ce jour. « Si rien ne change, nous entamerons une grève générale à partir de lundi prochain », ont déclaré ces agents de l’Etat qui se regroupent au sein d’une coordination des fonctionnaires pour défendre la légalité. Ils représentent presque tous les ministères et comptent plus de la moitié, sans compter les agents de l’Etat dans les régions. En fait, pour eux, ce gouvernement de la Haute Autorité de Transition est illégal étant donné que la prise de pouvoir s’est faite par la force. D’ailleurs, la communauté internationale le condamne. Et comme sanction pour le pays, toutes les aides extérieures, dont le budget de l’Etat dépend à hauteur de 70%, sont suspendues.

Service minimum

Pour l’heure, la plupart des ministères tournent au ralenti et n’effectuent plus qu’un service minimum. De nombreux fonctionnaires, issus des différents ministères, sont venus grossir les rangs des manifestants pro-Ravalomanana et « anti-TGV » sur la place de la Démocratie à Ambohijatovo, depuis lundi. « Certains d’entre nous sont quand même présents dans leurs bureaux mais sans travail à faire faute d’organisation au sein de chaque département », témoigne Heritovo, un fonctionnaire. En fait, ces agents de l’Etat montent au créneau en évoquant qu’ils ne veulent pas être complices d’un coup d’Etat. D’autant plus que ce gouvernement en place, d’après leurs dires, ne résoud en rien les problèmes des fonctionnaires, car ils risquent même de ne plus percevoir leurs salaires dans les prochains mois, en raison de cette crise.

Bloquer la machine administrative

La rentrée des recettes fiscales est également en suspens du fait que le secteur privé, moteur de développement de l’économie, est fortement touché par la crise politique qui secoue le pays. Des opérateurs économiques, victimes des actes de pillage, se plaignent encore, en se demandant comment ils pourront redémarrer leurs activités sans l’appui de l’Etat. Bref, les fonctionnaires qui défendent la légalité sollicitent tous leurs pairs à ne pas obéir aux ordres des nouveaux ministres, dans le but de bloquer la machine administrative à compter de lundi. « Ce gouvernement, issu d’un pouvoir non élu par le peuple, ne fait que détruire l’économie du pays », ont-ils conclu.

Extrait Midi Madagasikara –  Parution N° : 7793 du 27 mars 2009