Un fonctionnaire des Eaux et Forêt à la retraite attire l’attention sur le pillage organisé de bois précieux dans la région de la SAVA (Sambava, Antalaha, Vohémar et Andapa). Sachant qu’en son temps, la version papier du journal n’avait cessé de veiller et de dénoncer les pillages de bois précieux, cet ancien des eaux et Forêt ne s’est pas empêché de nous lancer un SOS.

A son avis, et surtout dans le contexte qui prévaut politiquement dans le pays, la région de la SAVA est en train d’être dépouillée de ses richesses naturelles. Il y dénonce une déforestation galopante et une corruption à grande échelle. De ses propres termes, il s’agit d’un « désastre écologique qui se passe actuellement dans la région SAVA ». Apparemment, c’est par centaines de containers qui prennent le chemin de l’Asie. Les parcs nationaux de Marojejy et de Maosala sont même affectés par ces coupes abusives, souligne notre homme. Des opérations d’une telle envergure ne peuvent se dérouler sans la complicité de toute une chaîne administrative qui fermerait les yeux ou en tirerait des profits faciles, rapides et énormes.

« Etant donné que toute l’attention est tournée vers les évènements politiques, ils en profitent au maximum. A la radio des personnes incitent même les gens à se rendre en brousse pour couper les arbres et les revendre en vitesse tant que les évènements politiques continuent », conclut notre informateur.

Malgré les fokontany…

En tout cas, le flottement est patent dans ce pouvoir de transition. Plus près de nous, dans la capitale, des terrains supposés domaniaux, sont occupés par des groupes de citoyens sans qu’aucune autorité compétente en la matière ne réagisse. Il en est ainsi à Nanisana le jour même d’installation du président de la Haute Autorité de Transition, Andry Rajoelina, à Mahamasina le samedi 21 mars.

Cette occupation sauvage s’est étendue par la suite le lendemain et le surlendemain aux terres appartenant paraît-il aux divers services du Ministère de l’Agriculture. Mardi 24 mars, la « squatterisation » a touché des terrains qui appartiendraient à la mission américaine. Bref, tout terrain vague, fut-il propriété privée, est livré à cette vague d’occupation sauvage, sans que les autorités centrales ne pipent mot. Seul les fokontany concernés réagissent en alertant les instances supérieures mais jusqu’à maintenant, aucune suite.

Extrait Madagascar Tribune – mercredi 25 mars 2009