Un investissement n’est jamais de l’argent jeté par la fenêtre. Seulement, le hic est qu’on aurait pu faire autre chose avec.

La suspension de Madagascar en tant que membre de l’Union Africaine a comme conséquence immédiate la tenue du Sommet de juillet 2009 dans un autre pays membre «non suspendu». Ce revirement de situation a fait poser de nombreuses questions chez les promoteurs qui ont investi des centaines de milliards d’Ariary pour la construction d’infrastructures d’accueil à travers l’île et particulièrement dans la Capitale. «N’était-il pas plus intéressant de mettre ces investissements dans une région à forte vocation touristique plutôt que de les concentrer à Antananarivo, où il y a toujours des chambres disponibles toute l’année?», s’interrogent certains d’entre eux.

Résignés, certains promoteurs affirment que leurs investissements serviront au tourisme. Faut-il rappeler que ceux-ci ont bénéficié de divers avantages, particulièrement, une exonération de droit de douanes, pour les importations réalisées dans le cadre de la construction des infrastructures. La seule condition était que les hôtels devraient être prêts à accueillir les invités du Sommet de l’UA en juillet prochain. Ces avantages, il faut le dire, ont encouragé bon nombre de promoteurs hôteliers à construire de nouveaux établissements ou à entreprendre des travaux de réhabilitation ou de rénovation pour se conformer aux normes internationales.

Certes, ces opérateurs semblent ne pas regretter les travaux réalisés mais se demandent en ce moment s’ils ont fait le bon choix pour le lieu d’implantation de leur hôtel. 

Antananarivo n’est, pour l’instant, qu’un lieu de transit pour les touristes. Ceux-ci restent au maximum deux ou trois nuits à Antananarivo durant l’ensemble de leur séjour. Pour les hommes d’affaires qui viennent à Madagascar, on est plus ou moins sûr qu’ils ne rempliront pas toutes les chambres des établissements déjà existants dans la Ville des Mille. Alors qu’ailleurs, durant notamment la haute saison, les professionnels du tourisme ont du mal à trouver de chambres libres pour leurs clients. C’est le cas, par exemple, des sites touristiques du Sud de Madagascar, Isalo ; Ifaty ; Ranomafana… où tous les hôtels sont occupés ou surbookés entre juillet et octobre.

Or, les faits sont là, ces nouveaux hôtels de standing international feront le bonheur d’Antananarivo, où, peut-être pour la première fois, ce ne seront pas les infrastructures qui feront défaut pour accompagner le développement du tourisme.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7789 du 23 mars 2009