Suspension des appuis financiers. La vie d’une grande partie de la population malgache dépend d’un financement extérieur alors que la tournure que prend la crise actuelle ne rassure guère la communauté internationale.

Le secteur privé malgache suit de très près les réactions des bailleurs de fonds et des partenaires financiers du pays par rapport à l’évolution de la crise qui mine le pays actuellement. La déclaration faite au nom de la communauté internationale par l’Ambassadeur des Etats-Unis à Madagascar, Niels Marquardt, qui avait averti qu’une issue de crise non constitutionnelle, telle, un coup d’Etat ou la mise en place d’un directoire militaire, entraînerait une suspension des appuis financiers des bailleurs de fonds et des partenaires financiers, n’a pas laissé indifférents les membres du secteur privé malgache, qui ont accepté de donner leur avis sous couvert d’anonymat. Toutes les réactions expriment l’inquiétude des opérateurs économiques, conscients du fait que l’économie malgache ne pourra jamais se relever sans les aides extérieures.

Obligation de résultats

Un haut responsable d’un groupement patronal, tout en condamnant les actes de pillages et de vandalisme perpétrés contre les activités commerciales des promoteurs, affirment que l’heure est grave pour le pays. Il explique que tous les projets, mis en œuvre actuellement dans la Grande Ile, marchent grâce à des financements extérieurs mais malheureusement, ceux-ci risquent de tomber à l’eau. Citant l’exemple de la MCA (Millenium challenge Account) ou autres projets de développement financés par la Banque Mondiale, ce promoteur veut faire comprendre que la situation est critique. La poursuite du financement de ces projets est conditionnée par la réalisation de résultats positifs alors qu’en cette période, tout est bloqué. «La crise parait moins importante que celle de 2002 mais ses effets immédiats sur l’économie sont très importants», conclut ce responsable.

Sous perfusion

Un autre opérateur, ayant mis depuis déjà deux semaines tout l’ensemble de son personnel au chômage technique,  déclare que le départ des bailleurs de fonds ou pays partenaires, affectera la confiance des investisseurs étrangers vis-à-vis de Madagascar. On ne peut pas espérer attirer les investissements étrangers alors que les bailleurs traditionnels sont en train de lâcher l’économie de la Grande île. «Madagascar ne peut pas snober ces aides extérieures comme l’ont toujours fait les pays d’Asie», ajoute ce promoteur. «L’économie de ce pays vit constamment sous perfusion», ajoute-t-il.
Alors, par rapport à cette situation et face à la «Grande crise économique», qui attend le peuple malgache après ce différend politique, les membres du secteur privé avertissent que Madagascar, déjà affaiblie par la crise financière, n’aura plus la force de vaincre, sans les aides des bailleurs de fonds, le marasme économique qui pointe déjà son nez.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7781 du 13 mars 2009