L’eau potable est déjà un luxe pour les deux tiers de la population mondiale. En effet, deux personnes sur trois n’ont pas accès à l’eau potable ou l’ont difficilement. Des populations qui se chiffrent en milliards de personnes pour qui l’accès à l’eau potable est ainsi devenu un combat quotidien. Pour Madagascar en particulier, cette situation est plus que jamais d’actualité avec une minorité disposant d’infrastructures d’accès à l’eau potable chez soi.
Les réserves d’eau potable dans le monde sont très inégalement réparties tandis que la population mondiale ne cesse d’augmenter. Elle a presque quadruplé en un siècle, entre 1900 avec 1,6 milliards d’êtres humains et l’an 2000 avec plus de 6 milliards de personnes. Durant cette période, l’exploitation des ressources en eau a été multipliée par sept. Dans un peu plus de 10 ans, la consommation d’eau potable dans le monde est prévue augmenter de 40%, laissant les pays les plus pauvres confrontés à des problèmes croissants en matière d’accès à l’eau.
Dans ces pays, le constat le plus flagrant est la grande disparité entre l’accès à l’eau potable en zone urbaine et en milieu rural. Un constat tout aussi valable à Madagascar, sachant que les ruraux ont encore moins accès à l’eau potable; et les femmes et les enfants à qui incombent généralement les corvées d’eau, sont contraints de parcourir plusieurs kilomètres pour puiser une eau dont la salubrité n’est pas toujours certaine.
Ces dernières années, la situation malgache reste encore préoccupante dans la mesure où le pays a besoin de mobiliser des moyens colossaux pour améliorer l’accès de la majorité des Malgaches à l’eau potable. Mais au milieu des fortes tensions qui prévalent actuellement, ce problème, aussi immense soit-il, et même à une dizaine de jours de la journée mondiale de l’eau, ne figure pas parmi les premières préoccupations.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7780 du 11 mars 2009