Les petits entrepreneurs libéraux ne cachent plus leur désarroi devant la situation qui prévaut dans la capitale actuellement.

Ils ne parlent pas beaucoup bien qu’ils aient beaucoup à dire. En effet, les micro-opérateurs économiques ou, plus précisément, ceux qui pratiquent une profession libérale, donc gagnent leur vie en fonction de leurs propres efforts, se trouvent en ce moment en grande difficulté.

Mort lente
«Au fur et à mesure que l’on s’enfonçait dans cette crise, les clients se faisaient de plus en plus rares pour finalement disparaître. D’ici peu, nous n’aurons littéralement plus rien à mettre sous la dent» C’est en ces termes que Mme Lila, une artisane créatrice, décrit la dégradation de sa situation et celle de son activité. « En ce moment, j’ai arrêté de tresser les nattes et les paniers parce qu’il n’y a pas de preneur ».

En fait, Mme Lila, avec sa petite unité de production emploie six personnes mais depuis cette crise, elle préfère ne pas faire venir les employés. «Il n’y a pas de commandes et il n’y a personne pour acheter les articles dans notre magasin à Andravoahangy», a confié notre interlocutrice.

Les touristes ne viennent plus, alors que ces derniers constituent la majorité de la clientèle de cette artisane professionnelle. Cette dernière note que les nationaux ne se bousculent pas trop pour acheter les articles artisanaux, sauf lorsqu’ils ont besoin d’envoyer quelque chose à des proches à l’étranger. Et de poursuivre : «Certes, nous avons de la clientèle malgache mais ce sont des connaisseurs. Ils savent ce qu’ils cherchent».

Quoi qu’il en soit, le fait est là. Les activités de cette artisane, comme celles de beaucoup d’autres opérateurs de son genre sont vouées à une mort lente.

Situation critique
Pour les opérateurs dont les recettes journalières servent à la fois à faire tourner les affaires et à subvenir aux besoins de la famille, la situation, faut-il le reconnaître, est critique. Ces artisans, puisqu’ils le sont pour leur majorité, gèrent leurs activités au jour le jour. Alors, dès qu’il y a un problème, genre insécurité, les ventes chutent et le revenu ne peut que baisser. La question qui se pose pour ces professionnels libéraux est de savoir jusqu’où ira cette crise. L’avenir d’un nombre non négligeable de familles malgaches en dépend.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7778 du 9 mars 2009