Aucun secteur d’activité n’a été épargné par cette crise qui perdure dans le pays. L’économie qui est la base de développement de la nation tourne déjà au ralenti. Raison pour laquelle, des opérateurs ont clamé de vive voix qu’ils sont contre la grève générale. Outre l’administration qui ne cesse de fournir ses services aux usagers, la majorité des acteurs de développement ont vaqué à leurs occupations quotidiennes hier compte tenu de l’interdépendance de leurs activités. D’autant plus, qu’ils vivent au jour le jour pour gagner leur vie.

Manque à gagner des transporteurs

C’est le cas entre autres des transporteurs. Leurs recettes ont nettement diminué car ils n’arrivent pas à remplir le nombre des sièges comme d’habitude faute de clients. « Le manque à gagner se chiffre en moyenne entre 50 000 Ariary et 70 000 Ariary/jour si l’on suspend notre activité », témoigne un transporteur urbain. « Et ce n’est pas du tout rentable si l’on ne travaille que dans l’après-midi en raison des versements à couvrir », a-t-il rajouté. Et les chauffeurs et receveurs payés sur la base d’un pourcentage de leurs versements journaliers n’auront rien pour nourrir leurs familles. Quant aux zones nationales, les pertes sont évaluées jusqu’à 125 000 Ariary par voyage. En plus, il faudrait attendre deux semaines pour qu’un transporteur ait son tour normal.

Zone franche : Perte de confiance des clients

Dans le secteur des exportations et de la zone franche, les opérateurs craignent déjà une perte de confiance vis-à-vis de leurs clients. Ces derniers risquent de décommander leurs achats de peur que leurs fournisseurs n’arrivent pas à les honorer à temps. D’autant plus qu’il faut débourser un investissement non négligeable pour regagner la confiance des clients internationaux. C’est pourquoi, ces opérateurs ne trouvent aucun intérêt à entamer une grève générale qui ne fait que ternir l’image du pays à l’extérieur. « C’est dangereux pour l’avenir de notre activité quand les clients changent de pays fournisseurs après des années de marketing », s’exprime un exportateur dans la zone franche. Un secteur qui peut être en même temps affecté par la crise financière mondiale.  

Procédure administrative: « Time is money »

Si la machine administrative s’arrête, les opérateurs économiques auront du mal à remplir les formalités nécessaires pour le bon fonctionnement de leurs activités. L’acheminement des matières premières destinées aux activités de transformation ou celui des produits finis prêts à être expédiés sera également perturbé. Cependant, les opérateurs se sont battus depuis ces derniers temps pour alléger les procédures administratives. Pour eux, « time is money ». Dans la foulée, l’administration risque de ne rien encaisser en matière de recette fiscale alors que le secteur privé reste le moteur de développement de l’économie du pays.

Ouverture de magasins : Aux risques et périls

Pour les commerçants, c’est le désastre total depuis le 26 janvier, où il y avait eu des actes de pillage et de vandalisme des centres commerciaux. « Nous payons toujours le loyer de notre stand ainsi que les salaires de nos employés alors qu’on est contraint de fermer boutique », déplore une commerçante en plein centre ville. Si les magasins sont ouverts, c’est aux risques et périls de leurs propriétaires qui ne cessent d’avoir des menaces d’autant plus que les clients deviennent rares, a-t-elle rajouté. Pourtant, leurs chiffres d’affaire dépendent de leurs ventes journalières. Des agents commerciaux sont même engagés pour attirer les clients.  

Système bancaire : paiement en temps réel

Même le secteur bancaire ne peut fermer ses portes. « Ce sont les usagers, y compris les opérateurs privés, qui seront les premières victimes », explique un banquier. En effet, les moyens de paiement ne seront plus disponibles. Les fournisseurs ne seront plus payés à temps. Certains opérateurs auront un problème de trésorerie  faute de liquidités tandis que d’autres ne peuvent pas accéder au crédit. En outre, les banques ne pourront pas non plus délivrer les documents d’importation ou d’exportation de marchandises, indispensables pour les opérateurs économiques. Notons que des efforts ont été entamés par l’Etat en partenariat avec les institutions financières pour que les moyens de paiement s’effectuent en temps réel. « Bloquer cette activité ne fait que nuire aux opérateurs économiques, et partant, à la nation », a évoqué un banquier. 

Plan de relance pour le secteur privé

Force est de reconnaître que l’économie du pays est maintenant au ralenti en raison de cette crise qui prévaut actuellement. Les opérateurs économiques sont unanimes que la résolution de cette crise passe uniquement par la recherche de consensus entre les deux protagonistes sur la base d’un dialogue. Puisque l’économie a été pénalisée à des fins politiques, il est de leur devoir de trouver un plan de relance tout en soutenant le secteur privé, qui rappelons-le, est la base de développement de ce pays, ont-il conclu. 

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7773 du 3 mars 2009