« Les travaux sur le tour Sud-est du "Rova" sont pratiquement achevés », lance timidement Mejamirado Razafimihary. 80% des travaux sont réalisés, estime-t-il. C’est là qu’on se souvient de la promesse d’un ingénieur français au sein de la société Colas, chargé de l’ouvrage : « Les travaux de reconstruction prendront normalement fin vers la fin de l’année 2009 ».

A quoi bon parler de la Culture en ce moment où la politique monopolise la quasi-totalité des médias nationaux ? Les chroniqueurs culturels et d’autres journalistes d’ailleurs, se heurtent souvent à une question idiote mais réaliste de ce genre. Depuis les manifestations sociopolitiques sur la place des revendications populaires du 13 mai, à Analakely, l’accès aux informations autres que la politique est de plus en plus difficile. Et pourtant, ce ne sont pas les nouvelles qui manquent, comme c’est le cas des travaux de réhabilitation du Rova de Manjakamiadana.

La rapide progression des travaux de réhabilitation du palais de la Reine, devrait être le fait saillant de ce début d’année. Or, ce n’est pas le cas. De loin, on constate que les travaux de la toiture avancent à toute vitesse. La couverture de la façade centrale avec des toits en ardoise, du jamais vu sur des importants édifices nationaux paraît-il, est déjà en cours. Malgré tout, le premier responsable du comité national du patrimoine, Mejamirado Razafimihary, hésite à en parler.

Le défi est sur la voie d’être relevé

Si les gros travaux étaient faits, il restera encore les troisième et quatrième phases des ouvrages. Elles consistent surtout aux travaux de second œuvre (habillage en bois des structures en béton pour restituer l’aspect initial, menuiserie, revêtement, électricité, plomberie sanitaire) et aux travaux à caractère muséographique et d’équipements spécialisés (sécurité anti-incendie, vol).

Le palais de la Reine dans l’ensemble recommence à dominer la vue partout dans la capitale. D’ici peu, les Malgaches pourront le revoir flambant neuf. Reste seulement à savoir si la caisse va finalement pouvoir assurer. En avril 2008, Mejamirado Razafimihary, avait déclaré que le comité n’a encore eu que la moitié du budget total des travaux qu’on estime entre 20 à 25 milliards d’ariary. Souhaitons aussi que les travaux n’accusent plus de retard.

Il a fallu 14 ans pour reconstruire le plus important patrimoine de Madagascar, comme il a fallu 36 ans pour faire renaître de ses cendres l’Hôtel de la ville d’Antananarivo, également incendié en 1972. Ainsi, il faut plus d’une dizaine d’années pour remettre en état les casses causées par les différends politiques. Et l’on se demande actuellement si les principaux protagonistes de la crise qui prévaut dans le pays, s’en rendent compte.

Extrait Madagascar Tribune – jeudi 19 février 2009