Les opérateurs veulent interpeller les politiciens sur les méfaits de la crise sur l’économie. Des patrons réfléchissent sur la stratégie à adopter.
Le secteur privé est la principale victime de la crise politique. Tous les secteurs d’activité subissent de plein fouet les impacts des violences et de la perturbation des activités économiques. Lors de la rencontre avec les représentants de la Commission de l’océan Indien (COI) jeudi, les opérateurs ont manifesté leur désir de montrer le poids du secteur privé, qui représente plus de 500 000 salariés. C’est la majorité silencieuse et principale victime du ralentissement des activités économiques dans tout Madagascar.
« L’idée consiste à organiser quelque chose dans le cadre d’une grande coalition des opérateurs, en dehors des groupements d’entreprises. Nous sommes encore au stade des consultations et rien n’est encore fixé sur ce que nous allons faire », revèle le directeur géneral d’une société implantée dans la capitale.
Le tourisme en chute libre
Le bilan actuel des deux semaines de crise dépasse déjà largement le seuil d’alerte. Dans plusieurs secteurs, le ralentissement des activités perturbe la trésorerie des entreprises. C’est le cas des sociétés de transport qui sont parmi les premières à souffrir de l’arrêt de certains projets. Il y a également l’hôtellerie dont le taux d’ocupation chute à 10 % dans la capitale et jusqu’à 0 % dans les provinces. Les sites touristiques habituellement très fréquentés comme l’Isalo sont désertés par les visiteurs.
« Trois touchers prévus au port de Toamasina par des navires de croisière sont annulés en deux semaines. Les pertes pour les opérateurs du tourisme sont déjà énormes et à ce rythme, la saison 2009 s’annonce catastrophique », déclare Eliane Andrianjatovo, président du Groupement interprofessionnel du tourisme à Toamasina.
Quelle que soit l’issue de ce bras de fer politique, les pertes économiques sont déjà énormes et 2009 est déjà une année perdue d’avance pour les entreprises. La perturbation de l’appareil administratif constitue également une menace car l’Etat est le plus grand client pour des centaines d’entreprises.
A ce rythme, le lancement des marchés publics prévus pour cette année risque d’être compromis. Un blocage du financement des bailleurs de fonds constitue également un coup dur dans cette optique.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4235 du 14-02-2009