Le président du Conseil d’administration de l’Office national du tourisme (ONTM) donne son avis sur le tourisme.
• Pouvez-vous faire un état des lieux du secteur tourisme par rapport à la situation actuelle ?

Pour le premier trimestre de l’année, on peut dire que le secteur tourisme est vraiment touché de plein fouet. Actuellement, les hôtels affichent un taux d’occupation de 0,5% à 10% au maximum. A Nosy-Be par exemple, 95% des infrastructures d’accueil sont fermées, faute de clients. Comme conséquence, les hôteliers ont procédé au chômage technique. Ce phénomène risque de s’étendre à d’autres domaines du secteur tourisme, dont les tours opérateurs.

• La saison touristique est-elle donc perdue ?

Des annulations de voyages vers Madagascar ont été effectuées auprès des revendeurs. Mais, elles ne concernent que la basse saison qui durera jusqu’au mois de mars. Certaines prennent déjà une partie du mois d’avril. Cependant, on peut dire que la saison 2009 n’est pas perdue d’avance car la période fructueuse s’étale jusqu’en septembre. Tout peut encore être sauvé seulement si cette crise politique trouve une solution rapide, et ce avant la première semaine du mois de mars. Les tours opérateurs attendent une évolution de la situation.

• Les campagnes annuelles de promotion de la destination Madagascar seront-elles poursuivies, de par la participation de l’ONTM aux salons internationaux ?

Notre participation à ces salons est plus qu’importante. L’absence de l’ONTM et de tous les opérateurs signifierait une fuite, et ne donne pas un bon signal pour le secteur. Néanmoins, de nouvelles stratégies sont mises en oeuvre. Elles consistent à rassurer les visiteurs que tout ce qui relève du tourisme, dont les hôtels et les touristes, ont été épargnés par les émeutes, et de leur affirmer également que les opérateurs sont prêts à les accueillir une fois la situation revenue à la normale.

• La crise actuelle a-t-elle la même ampleur que celle de 2002 ?

Son envergure est maintenant plus importante, car en 2002 la destination Madagascar était plus connue et priorisée par les revendeurs. Ce qui n’a pas été le cas auparavant. Le nombre de touristes a connu une augmentation de 200 000 personnes entre 2002 et 2008. Si l’instabilité perdure, toutes les actions réalisées et tous les efforts fournis dans le cadre de la promotion seront gaspillés. Il sera par ailleurs difficile de procéder à une relance.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4232 du 11-02-2009