Depuis hier, le cyclone «Eric» est entré à l’intérieur du pays, du côte de l’Est. À l’Ouest, «Fanele», localisé dans le canal de Mozambique, apporte beaucoup de pluie. Les dégâts sont déjà assez importants.

La tempête tropicale modérée «Eric» a choisi le district de Fénérive-Est comme porte d’entrée hier, à huit heures du matin. Cette tempête y est restée deux heures durant. Avec des rafales de vent de 95 km/h près du foyer de la tempête, les villageois ne dormaient pas sur leurs deux oreilles depuis la nuit du dimanche.
«De la pièce où je dormais, j’ai entendu distinctement le fracas d’une vitre», rapporte un habitant de Mangarivotra, un village situé en hauteur à Fénérive-Est, où le coup de vent est très intense.
Depuis dimanche, la direction régionale de l’éducation nationale a averti les parents d’élèves de la suspension des cours dans la journée de lundi. Les bureaux et les magasins ont également fermé leurs portes, hier. Par mesure de sécurité, l’alimentation en courant a été coupée depuis la nuit du dimanche, jusqu’à deux heures de l’après-midi.
Pour l’heure, le bilan provisoire du Bureau national de la gestion des risques et catastrophes (BNGRC) et celui du chef de région d’Analanjirofo ne présentent aucun dégât majeur. «Jusqu’ici, seules des haies et des maisonnettes vétustes sont tombées. Il faut attendre demain (NDLR : aujourd’hui) pour avoir plus de détails», signale Gilbert Tarehy, chef de région d’Analanjirofo dont le siège se trouve dans la ville de Fénérive-Est. Plusieurs équipes de son entité se sont éparpillées dans les huit communes composant la ville pour constater et dresser le bilan.
Orage, ô désespoir !
De son côté, le BNGRC fait savoir que «les vents forts et les pluies abondantes ont pour l’heure, fait tomber de nombreux poteaux et bananiers», à l’île Sainte-Marie. À entendre Gilbert Tarehy, la crainte des crues de rivières est en ce moment à craindre, dans la mesure où les précipitations abondent.
Et de rajouter que les écoles et les églises serviront de refuge aux éventuels sans-abri. La dotation en matériel et vivres est déjà prépositionnée par l’équipe du Bureau national de la gestion des risques et catastrophes local. L’année dernière, Fénérive-Est a été la proie du cyclone Ivan au mois de février laissant un lourd bilan à son passage.
À Toamasina ville, les employés de bureau et ouvriers dans certaines sociétés étaient priés de rentrer, hier matin. «La population s’attend à la venue du cyclone dans nos murs en sentant les vents violents et les grosses averses», met en garde Jeannette Edwige, une mère de famille dans le quartier de Tanambao-V. L’alimentation en eau et électricité a été coupée depuis hier matin.
À 15 heures, Eric est sorti en mer à 40 km au sud de Brickaville et commence à reprendre de la force. «Jusqu’ici, sa vitesse de déplacement de l’ordre de 11 km/h est encore maintenue. La vigilance est encore de mise en cas de refoulement intempestif», avertit un technicien de la météo d’Ampandrianomby. Eric continue à se déplacer en direction du sud de Brickaville.

250 sans-abri à Mandritsara
À la contrée, dans la partie ouest de l’île, la forte tempête tropicale Fanele fait déjà des sinistrés. Six fokontany, à savoir Antanantsimihety, Maroamboka, Andohomby, Ambohimandroso, Antsahabe et Ambala Kompania sont sous l’eau à Mandritsara, région de Sofia, à cause des fortes pluies. Actuellement 244 sans-abri sont enregistrés dont 164 logés dans le centre d’accueil de l’église catholique, une cinquantaine au Tranompokonolona et 30 autres au bureau du fokontany d’Antanandrainivelo. La sensibilisation de la population de rejoindre les sites d’hébergement se renforce.
« Fanele » s’intensifie
Se trouvant à 250 km à l’Ouest de Morombe à 15 heures hier, la forte tempête tropicale Fanele prend de l’ampleur en se déplacant à une vitesse de 9 km/h. La pluie mélangée à du vent intense ne cesse de s’abattre dans la capitale de Boeny, hier. L’avis d’avertissement annoncé depuis dimanche à l’endroit des districts de Maintirano, Antsalova, Mahajanga-I et II et Beloha restent en vigueur. «Fanele» amène un vent moyen de 90 km/h, ce qui est déjà intense selon la météo et produit des rafales atteignant 130 km/h près de son centre.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4213 du 20-01-2009