Mettre de la valeur ajoutée avant d’exporter les produits mais les opérateurs locaux en sont encore au stade d’essai.

Le Centre Technique et Horticole de Toamasina montre le chemin aux exportateurs et agriculteurs en créant le Centre de Transformation et de Conservation des Produits (CTCP) à Toamasina, plus précisément à Tetezambaro. Ce dispositif qui a coûté la somme de 900 000 euros et financé par l’Union Européenne, est le premier de ce genre dans la région de l’Océan Indien et en Afrique Subsaharienne. Ces installations «pilotes» sont mises à la disposition  des exportateurs de produits horticoles et agricoles du pays afin qu’ils puissent effectuer des essais de transformations. Les produits finis peuvent être expédiés comme échantillons ou servir à tester le marché extérieur avant de prendre toute décision d’investissement.   

La création de valeur ajoutée est loin d’être le point fort des opérateurs des filières agricoles et encore moins des horticulteurs. Or, personne n’ignore qu’il est plus intéressant d’exporter les produits une fois transformés qu’à l’état brut. Alors ce hall technologique constitue un premier pas vers le commerce de produits horticoles et agricoles à forte valeur ajoutée. L’Ambassadeur, Chef de Délégation de la Commission Européenne, Jean Claude Boidin, avait insisté sur la nécessité d’apporter de la valeur aux produits du pays lors de l’inauguration du Ctcp au mois de décembre dernier. Ce haut responsable avait alors déclaré que Madagascar et les exportateurs doivent s’en sortir par le haut et pour ce faire, devront valoriser davantage leurs productions. Transformer les produits signifie les rendre conformes aux réglementations en vigueur sur les marchés internationaux.

De telles infrastructures, suivies d’investissements pourraient aider le pays à redresser les termes de l’échange, toujours déficitaires. Alors, il est temps pour les exportateurs d’inverser la tendance. Ce ne sont pas les produits qui manquent dans le pays.

Le «labo» en attente d’homologation

La mise en place de ce centre de transformation et de conservation de produits du Ctht est vue d’un très bon œil par les exportateurs. Pouvoir faire des essais de transformation de fruits et faire des exportations test, c’est très bien pour la filière horticole, notent-ils en ajoutant : «Cela fait long temps que l’on attendait un tel dispositif» Ils se montrent optimistes quant au progrès que ce centre apportera au développement de l’agri business à Madagascar. 

Les exportateurs et les producteurs sont conscients que jusqu’à présent, la majorité des opérateurs se contentaient d’exporter leurs productions à l’état brut. C’est le cas par exemple de la filière litchi. Or, le marché mondial n’absorbe que 30% de la production de Madagascar, estimée à 100 000 tonnes. Les deux tiers restant sont écoulés à très bas prix sur le marché local alors qu’il est possible de les transformer en produits dérivés tel du jus, du fruit confit des pâtes de fruits. La situation est semblable pour tous les produits horticoles et les produits agricoles du pays.

Les opérateurs assurent qu’ils feront bon usage de ces infrastructures. Faut-il noter aussi que le Ctpc d’Antetezambaro peut faire des recherches et des analyses pour les entreprises. Le laboratoire du centre est en démarche pour obtenir son homologation mais du côté des opérateurs, la confiance à ce «labo» est entière. Il faut noter que ces promoteurs ont déjà fait appel au Ctpc lors de la dernière campagne de litchi de l’année 2008.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7732 du 14 janvier 2009