Alaotra s’est mise à la culture rizicole de contre saison, pour de bon. A cette fin, des milliers d’hectares de rizières ont été labourées en juillet.
L’introduction de cette pratique s’apparente à une mini révolution dans la région. Les paysans de l’Alaotra ont toujours l’habitude que de planter le riz qu’une fois par an.
«Je ne pratiquerai la culture annuelle. J’ai été naïf, et j’ai perdu beaucoup de temps à attendre la saison des pluies pour planter le riz», affirme Aurélien Rakoto, un paysan père neuf enfants.
« La récolte du riz de contresaison équivaut à celle la culture saisonnière, d’après mes estimations, soit 4 à 4,5 tonnes à l’hectare», s’enthoisiasme-t-il.
Pour le moment, il est en train d’organiser la répartition des «mpandidy vary», les moissonneurs, sur ses 6 ha de rizière située à l’ouest de Marihivana d’Amparafaravola.
La plupart des paysans de l’Alaotra sont restés longtemps dans la pratique d’une seule récolte annuelle de riz. Ils sont des riziculteurs à 100 %, car ils ne cultivent pas d’autres produits agricoles pour gagner de l’argent.
De fait, les agents vulgarisateurs ont échoué dans l’instauration d’une nouvelle méthode culturale, aussi bien rizicole que maraîchère.
«Tout commence à changer. Ce sont les paysans eux-mêmes qui viennent nous demander les bonnes techniques et les semences appropriées. Ils veulent aussi de l’assistance technique. Alaotra se trouve sur la bonne voie de la révolution verte, et menant vers l’autosuffisance alimentaire», affirme Nirhy Rakotobe Andrianarivao, directeur régional du développement rural d’Alaotra-Mangoro.
En tout cas, la moisson des gerbes de riz vont bon train depuis fin novembre. C’est autant d’argent de gagner pour l’agriculteur de l’Alaotra, et de la prodiction à mettre sur le marché.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4188 du 19-12-2008