Le moyen de transport le plus courant reste le pousse-pousse, malgré l’avènement du taxi et du bus. Mais le métier de tireur ne nourrit plus son homme.
Le pousse-pousse est un moyen de transport de personnes. C’est une voiturette légère à deux roues, à une ou deux places. Elle est tirée ou poussée par un homme. En Afrique et aux Antilles, on l’appelle également cabrouet.
Le tarif d’une course est vraiment abordable et à la portée de toutes les bourses, s’élevant en moyenne à 500 ariary. Pour un trajet plus long, la course coûte jusqu’à 1000 ariary.
Quand François Rakotobe, un tireur, orphelin de père et de mère et originaire de Toliara, était arrivé à Mahajanga en 1995 à l’âge de 21 ans, la course était alors de 200 ariary. Il est devenu propriétaire de son pousse-pousse il y a deux ans, après avoir acquitté le prix de la voiturette en quatre ans.
«J’ai quitté l’école en 5ème, à cause d’un problème financier. Je suis alors venu à Mahajanga. J’ai obtenu mon pousse-pousse pour 500 000 ariary», raconte le tireur.
Il a déjà travaillé en qualité d’agent de sécurité au sein d’une société de gardiennage, de 2000 à 2002. Il a démissionné car il s’était souvent disputé avec son chef.
Double métier
Plus de 30% des tireurs de Mahajanga exercent aussi le métier de veilleur ou gardien de nuit. C’est pendant la journée qu’ils observent de nombreuses pauses pour récupérer. Ils font leur sieste à l’ombre, au bord de la mer sous les badamiers ou sous les vérandas des grands bâtiments.
Chaque tireur a son lieu de stationnement de prédilection, dans l’attente du client. De fait, on le rencontre aux marchés, devant les écoles primaires, les établissements publics, l’hôpital et surtout devant les édifices cultuels.
Tirer un pousse-pousse à longueur de journée exige un véritable travail physique. Il nécessite une très bonne condition physique et une bonne santé. Le régime alimentaire devrait être équilibré et conforme aux efforts fournis au travail.
Le principe du pousse-pousse est apparu en 1868 au Japon. Le missionnaire américain Jonathan Globe et le Japonais Izumi Yosuke en sont les promoteurs, dénommé alors rickshaw. Ce nouveau moyen de transport a supplanté le traditionnel palanquin dans les villes. Celui-ci était surtout pratique dans les déplacements dans les montagnes.
A Mahajanga, le tour de la ville en pousse-pousse est très pratique car il arrive à circuler même dans les ruelles et les endroits où les voitures ne peuvent pas passer. Ils sont très sollicités en période de pluie.
Les touristes étrangers et les vacanciers constituent les clients fidèles de ces moyens de locomotion traditionnels.

Un nombre pléthorique
Le chiffre est impressionnant. Ils sont plus de 2 300 pousse-pousse recensés dans la commune urbaine de Mahajanga et regroupés dans deux associations.
La délivrance d’autorisation a été suspendue depuis plusieurs mois. Mais cela n‚empêche pas à des pousse-pousse clandestins d’apparaître et de rouler dans la ville. Les responsables de la commune le confirment et l’ont constaté.
Ces tireurs illicites ne possèdent pas de vignettes, un responsable a pu en découvrir quelques-uns. La vignette Baobab 2007-2008 en vert n’était pas apposée à l’emplacement prévu.
«Nous pouvons les contrôler lors du renouvellement des vignettes prévu à la fin de cette année», rassure Ben de la commune de Mahajanga.
La vignette coûte 2 500 ariary par un an. En outre, le pousse-pousse doit être doté de bandes réfléchissantes et d’un klaxon.
Les responsables de la circulation urbaine au niveau de la police nationale partent souvent en chasse contre les pousse-pousse. Ces derniers sont qualifiés de danger ambulant pour la circulation la nuit.
Les tireurs négligent de se munir d’un éclairage pour circuler la nuit. D’autres enfreignent totalement le code de la route. D’autant plus que la majorité ne le maîtrise pas du tout. C’est la cause fréquente des accidents de la circuation à Mahajanga.
Une grande opération s’était tenue en juin 2007, au cours de laquelle une cinquantaine de pousse-pousse onr été mis en fourrière au commissariat central à Mahajanga be faute de lanterne d’éclairage.
« J’estime qu’il est nécessaire sinon urgent d’organiser un atelier sur la circulation, à Mahajanga », propose le commissaire central Hajanomena Razatovo.
« En plus de l’amende ridicule d’Ar 2 500, il faudrait préconiser des sanctions comme le travail social ou la suspension de tirer pendant un certain temps, car certains tireurs sont des multirécidivistes », soutient-il.
En tout cas, la commune urbaine de Mahajanga a annoncé la tenue prochaine d’une formation à l’intention des tireurs de pousse-pousse.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4181 du 11-12-2008