Réduction de la pauvreté. La crise mondiale et la flambée des prix des denrées alimentaires risquent de faire retomber de nombreux ménages dans la misère.

Plus de 70% de la population malgache, soit près des trois quarts, vivent sous le seuil de la pauvreté, avec un revenu annuel situé sous la barre des 260 dollars. Davantage de Malgaches ne jouissent pas des droits humains les plus élémentaires tels le logement décent, l’accès aux soins de santé et l’accès à l’eau potable. Ce dernier volet a justement été au centre de toutes les attentions, hier à Ampangabe, plus précisément à Analamanga Parc, à l’occasion de la journée de sensibilisation consacrée au thème de la réduction de la pauvreté dans le cadre de la célébration de la semaine du Système des Nations Unies.

Ambalavao. L’eau potable reste, en effet, un problème majeur pour les populations aussi bien rurales qu’urbaines dans la Grande île. Si 80% des populations urbaines y ont accès, les périphéries ne sont que 20% à disposer d’eau potable. Le choix du site d’Ampangabe, coïncide, d’ailleurs, avec la situation vécue au quotidien en matière d’eau potable, dans cette localité située dans la commune rurale d’Ambalavao. Ici, l’écrasante majorité ne dispose pas d’eau potable. Les ressources en eau existent bel et bien, cependant, il s’agit d’eaux insalubres, puisées dans des puits ou dans des cours d’eau, avec les conséquences que cela implique sur la santé des habitants, notamment les enfants. Sur les 15 fokontany de la commune, un seul a accès à l’eau potable par le biais d’une borne fontaine.

« Stand up !». Hier était donc une journée pas comme les autres pour Ampangabe et les fokontany avoisinants. L’heure était à la sensibilisation de la population, à travers les huit stands d’exposition des agences onusiennes, rappelant les grandes lignes des OMD pour que la réduction de la pauvreté puisse être effective. Mais sans se voiler la face, chacun s’était rendu compte que le travail est titanesque. Les actions concrètes et le travail étant les seules issues possibles pour y parvenir, le leitmotiv entendu sur place fait état de cet impératif d’agir : « Stand up and take action ». Et avec les récentes évolutions de la situation économique mondiale, la hausse des prix des denrées alimentaires et la crise financière, le risque de voir des populations entières retomber dans la misère est plus que réel : plus de 100 millions de personnes à travers le monde risquent de vivre cette situation. 

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7664 du 23 octobre 2008