"Lorsque les paysans voient des vazaha qui sont dans la boue de la rizière, en train de repiquer, ils sont convaincus de l’efficacité du SRI ou système de riziculture intensive". Tsiferantsoa Rafalimanana, directeur du Centre multiplicateur de semences (CMS) à Ankadinondry-Sakay, Région de Bongolava l’a affirmé.

Cela fait maintenant un an et demi qu’Elisabeth Wisman est à Ankadinondry-Sakay. Elle est une volontaire du Corps de la Paix. Cette jeune fille apprend à la population locale la technique du SRI et la sensibilise à adopter ce système.

Le SRI n’est pas une nouveauté à Ankadinondry. Si l’on en croit les dires de Tsiferantsoa Rafalimanana, il faut une technique d’approche pour convaincre les paysans.

Elisabeth Wisman est américaine. Elle parle et comprend bien le malagasy et s’adapte au style de vie des Malagasy. Peut-être, elle est la seule vazaha qui sillonne cette ville rurale, à pied ou à vélo. D’ailleurs, cette américaine entretient des relations étroites avec les habitants. Elle se démarque du fait qu’elle travaille au champ et travaille dans les boues. Pour les ruraux, c’est un phénomène.

« Pas trop de cours théoriques »

Elisabeth Wisman a avoué que les paysans sont étonnés en la regardant dans le champ. Elle a aussi d’autres points forts pour les attirer à s’intéresser au SRI.

"Je ne fais pas trop de cours théoriques en salle. Je fais la formation le matin pendant demi-heure ou une heure tout au plus. L’après-midi, je suis sur terrain. C’est mieux d’aller directement à la rizière et encadrer les paysans. J’enlève mes sandales. Je descends dans la rizière avec eux sans hésitation. Ils me suivent attentivement".

« Du riz, des œufs, des brèdes »

Du riz et toujours du riz. Elle apprécie bien la gastronomie malagasy. Elisabeth Wisman, jeune volontaire du Corps de la Paix à Ankadinondry-Sakay présente ses menus.

« Souvent, mon petit-déjeuner est un plat de riz avec des œufs. Je mange encore du riz le midi, cette fois-ci avec des brèdes. J’aime bien. Pour le dîner, il y a des moments où je ne prépare pas des nouveaux plats. Je mange ce que j’ai préparé le matin. Pour conserver la chaleur, je le mets dans le fatana apombo spécialement conçu à cet effet ».

Elisabeth Wisman est arrivée à Ankadinondry-Sakay, Région de Bongolava, en mai 2007.

Elle habite dans une maison en dur, assez étroite, de 2 pièces, non loin de la ville. Sa cuisine est équipée d’un réchaud à gaz, d’un fatana apombo sans oublier les autres ustensiles nécessaires pour la cuisson et les repas. L’électricité fonctionne à temps partiel car elle est fournie par un groupe électrogène appartenant au centre multiplicateur de semences. Concernant l’eau, Elisabeth doit la chercher.

Dans la semaine, cette jeune volontaire américaine consacre une journée pour la lessive et le grand nettoyage de sa maison. Parmi ses distractions, la danse. Elle est membre d’un groupe de danseurs du village.

Elisabeth aura encore 7 mois à passer dans le volontariat. Elle n’aime pas qu’on lui demande son retour aux Etats-Unis et ses projets. Elle s’adapte bien au mode de vie des Malagasy et à la communauté malagasy. Certes, ce qu’elle vit à Madagascar restera pour toujours dans son cœur et dans sa mémoire.

Extrait Madagascar Tribune – lundi 20 octobre 2008